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Fidèle à ses principes, l’équipe d’Attypique.com travaille pour rédiger les entretiens posthumes "Last Interview" sur différentes sources et notes authentifiées par les biographes, historiens et autres experts spécialistes du sujet : documents, vidéo, discours, correspondances, archives, interviews, conférences, extrait de citations, livres, témoignages. S’ajoutent : articles, internet, confidences d’experts, familles parfois…
Retrouvez certaines de ces sources à la suite des « Last Interview ».
Camille Claudel, femme sculpteur française et soeur aînée du poète, dramaturge et diplomate français Paul Claudel. Camille Claudel est née à Fère-en-Tardenois (Aisne), le 8 décembre 1864 et morte à Montdevergues, dans le Vaucluse, le 19 octobre 1943. Passionnée de sculpture dès son enfance en Champagne et soutenue par son père, Camille Claudel arrive à Paris en 1883 afin de perfectionner son art auprès des maîtres. Elle étudie d'abord avec Alfred Boucher, puis avec Auguste Rodin dont elle devient une des élèves et collaboratrices, chargée de dégrossir les marbres d'après un modèle en plâtre. Camille Claudel sert aussi de modèle à Auguste Rodin, lui inspirant des œuvres comme "la Danaïde", "Fugit Amor"... Tous deux vivront bientôt une passion stimulante mais orageuse. Camille Claudel et Rodin sont tous les deux passionnés de sculpture. Mais Rodin est le maître et Camille veut voler de ses propres ailes et être reconnue comme sculpteur à part entière et non comme l'élève de Rodin. Devant le refus de ce dernier d'abandonner sa compagne Rose Beuret, la rupture est inévitable. Dès lors Camille Claudel cherche désespérément des commandes. Bien que soutenue pendant un temps par quelques amis et même par Rodin en sous-main, elle vit de plus en plus misérablement. Elle s'installe alors 19 quai Bourbon et poursuit sa quête artistique dans une grande solitude malgré l'appui de critiques comme Octave Mirbeau, Mathias Morhardt, Louis Vauxcelles ou du fondeur Eugène Blot. Celui-ci organise deux grandes expositions, espérant la reconnaissance donc un bénéfice moral et financier pour Camille Claudel. La critique est élogieuse mais Camille Claudel est déjà trop malade pour en être réconfortée.
"... Aujourd'hui 3 mars, c'est l'anniversaire de mon enlèvement à Ville-Evrard: celà fait 7 ans... faire pénitence dans les asiles d'aliénés. Après s'être emparés de l'oeuvre de toute ma vie ils me font faire les années de prison qu'ils auraient si bien méritées eux-mêmes..."
ATTYPIQUE.COM, le site de toutes les interview sur EUROPE 1 le 14 mai : Jean Philippe Klein interviewé par Pierre de Vilno de Café Culture:. Merci à toute l'équipe de Café Culture !
Café culture : Café culture spécial La Conquête - 14/05/11 - Livres, films, CD, spectacles, expositions… Pierre de Vilno, Annie Lemoine, Aline Afanoukoé et Constance Chaillet cherchent le meilleur et le plus inattendu. - Europe1.fr
des
journalistes passionnés par les interviews« exigeantes » via des recherches
documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances, discours,
séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les
conservateurs des musées…
Il
faut en moyenne deux mois pour réaliser
une «
Last Interview » de 15 feuillets
Attypique.com
anime des débats et conférences
en
partenariat avec des auteurs et éditeurs de Biographies / Histoire /
Documents / Témoignages / Essais
Attypique.com extrait de la
collection « Last Interview »:
Attypique.com: Maurice Allais, quels souvenirs remontent de votre enfance ?
Maurice Allais : « Grâce à la directrice de l'école communale de la rue d'Alésia à Paris, j'ai pu, de 1919 à 1921, franchir quatre classes en deux ans et ainsi rentrer en septième comme interne au lycée Lakanal en octobre 1921. »
Attypique.com : Abordons directement un point particulier que vous évoquez souvent : durant toute votre vie, les médias français à de très rares exceptions vous ont ignoré. Pensez vous qu’il s’agit de censure et pourquoi ?
Maurice Allais : « Je peux commencer par vous répondre avec trois questions.Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu'aux sphères de la politique. Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu'un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ? Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu'elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d'une profonde incompréhension de la réalité économique ? S'agit-il seulement de leur part d'ignorance ? C'est possible pour un certain nombre d'entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs. »
Attypique.com : A qui profite le « crime médiatique » qui consiste à tuer médiatiquement des experts tels que Vous, par ailleurs seul prix Nobel d’économie français, rappelons-le ?
Maurice Allais : « Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d'autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel... téléspectateur. Je me retrouve face à ce qu'affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu'il faut faire. Alors qu'en réalité ils ne comprennent rien. Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l'intelligence, par le fait d'intérêts particuliers souvent liés à l'argent. Des intérêts qui souhaitent que l'ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu'il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d'un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu'il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.
Attypique.com : L’économie vous intéresse très tôt. Comment et pourquoi avez-vous ressenti cette attirance ?
Maurice Allais : « Ma passion pour l'économie, je la dois aux circonstances. J'avais, au cours de l'été 1933, visité les Etats-Unis, alors au creux de la Grande Dépression, phénomène profondément étonnant auquel aucune explication communément acceptable n'avait pu être donnée. J'avais également vécu de très près les troubles sociaux (...) en France à la suite des élections de 1936. Comment mieux préparer l'après-guerre que d'essayer de résoudre le problème fondamental de toute économie : promouvoir une efficacité économique aussi grande que possible tout en assurant une répartition des revenus qui soit communément acceptable ? »
Attypique.com : A cette époque, l’économie n’était pas enseignée. Comment avez-vous enrichi votre savoir dans ce domaine ?
Maurice Allais : «Je n'étais à l'époque qu'un autodidacte. J'ai acheté, un peu au hasard, tous les ouvrages d'économie d'auteurs français, ou d'auteurs étrangers traduits en français, qui se trouvaient disponibles comme Léon Walras, Vilfredo Pareto et Irving Fisher, les trois grands économistes qui m'ont de loin le plus influencé."
Attypique.com : Votre démarche s’inscrit dans l’idée qu'il est possible de trouver dans l'économie les mêmes régularités "susceptibles d'être analysées et d'être prédites" que dans les sciences physiques et de reconstruire la science économique sur des bases plus rigoureuses. C’est bien çà ?
Maurice Allais : « Oui. Il faut faire rentrer dans une même construction l'analyse des phénomènes réels et celle des phénomènes monétaires, associer l'analyse des conditions d'efficacité et celle de la répartition des revenus, relier étroitement l'analyse théorique et l'économie appliquée, rattacher l'économie aux autres sciences humaines, la psychologie, la sociologie et l'histoire. Toute situation d'équilibre d'une économie de marché est une situation d'efficacité maximale, et réciproquement toute situation d'efficacité maximale est une situation d'équilibre d'une économie de marché. »
Attypique.com : Si l’on s’appuie sur le phénomène de la grande récession de 1929 aux Etats-Unis, qui vous a beaucoup frappé, le déséquilibre qui a conduit à cette crise est à l’origine dû à des excès de crédits accordés restés sans remboursements ?
Maurice Allais : « En fait, la Grande Dépression de 1929-1934, qui à partir des Etats-Unis s’est étendue au monde entier, a eu une origine purement monétaire et elle a résulté de la structure et des excès du mécanisme du crédit. Le fait d'attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l'ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l'arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Le protectionnisme en chaîne des années trente n’a été qu’une conséquence et non une cause de la Grande Dépression. Il n’a constitué partout que des tentatives des économies nationales pour se protéger des conséquences déstabilisatrices de la Grande Dépression d’origine monétaire. »
Attypique.com : Pourquoi êtes vous opposé au phénomène que l’on nomme la mondialisation comme le souhaite l’OMC (Organisation mondiale du Commerce)?
Maurice Allais : « la libéralisation totale des mouvements de biens, de services et de capitaux à l’échelle mondiale, objectif affirmé de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à la suite du GATT, doit être considérée à la fois comme irréalisable, comme nuisible, et comme non souhaitable. La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits. Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable. Plus concrètement, les règles à dégager sont d'une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires... A partir de ce constat, ce qu'il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection.»
Attypique.com : Vous préconisez Maurice Allais un retour au protectionnisme, mais comment concilier protectionnisme avec la liberté des échanges que veulent certains partenaires de l’Europe comme l’Inde et la Chine ?
Maurice Allais : « Depuis plus de dix ans, j'ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces " organisations régionales " serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus à certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d'une saine et réelle concurrence entre ses membres associés. Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s'unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas.
AttypiqueCom : Concrètement, votre approche d’un protectionnisme raisonnable se traduit comment ?
Maurice Allais : « Un objectif raisonnable serait que par des mesures appropriées et pour chaque produit ou groupe de produits un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire. La valeur moyenne de ce pourcentage pourrait être de 80 %. C’est là, au regard de la situation actuelle, une disposition fondamentalement libérale. (3) »
Attypique.com : Si l’OMC et l’Europe ne retienne pas votre idée d’un protectionnisme « raisonnable » vers quelle situation pouvons nous évoluer ?
Maurice Allais : « L'absence d'une telle protection apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons, ensuite, ouvert l'Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s'en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s'étonner des conséquences ! »
Attypique.com : Selon Vous, en laissant de coté votre modestie, existe-t-il une « méthode Allais » ?
Maurice Allais : « Ma préoccupation dominante a été celle de la synthèse. Faire rentrer dans une même construction l'analyse des phénomènes réels et celle des phénomènes monétaires, associer l'analyse des conditions d'efficacité et celle de la répartition des revenus, relier étroitement l'analyse théorique et l'économie appliquée, rattacher l'économie aux autres sciences humaines, la psychologie, la sociologie et l'histoire, tels ont été constamment mes objectifs. C'est cette préoccupation d'une conception synthétique de tous les phénomènes économiques et sociaux qui constitue le soubassement de toute mon œuvre. Une autre préoccupation : la démarche de ma pensée n'a jamais été de partir de la théorie pour aboutir aux faits mais, tout au contraire, d'essayer de dégager des faits la trame explicative sans laquelle ils apparaissent incompréhensibles et échappent à toute action efficace.»
Attypique.com : Maurice Allais, j’ai cru comprendre que votre proposition de réforme de l’impôt sur le capital pourrait amener à une suppression de l’impôt sur le revenu ?
Maurice Allais : « L'impôt sur le capital que j’appelle de mes vœux viserait à réduire les inégalités injustifiées, mais, surtout, il exercerait un effet dynamique extrêmement puissant sur l'efficacité générale de l'économie. Il concernerait tous les biens matériels et conduirait à une utilisation si rationnelle du capital qu'il permettrait de supprimer l'impôt sur le revenu. »
Attypique.com : Pourquoi estimez-vous que Albert Einstein est un plagiaire ?
Maurice Allais : « Les défenseurs d'Einstein (1879-1955), ont agi d'une manière qui apparaît comme une falsification de l'histoire. Celui qui a été déclaré "L'Homme du Siècle" par Time Magazine a écrit un long traité sur la relativité restreinte ("Sur l'électrodynamique des Corps en Mouvement"), sans citer aucune référence. Avant qu'Einstein n'écrive ce fameux traité, beaucoup des idées présentées étaient connues de Lorentz (par exemple, la transformation de Lorentz) et de Poincaré.
C'est assez typique chez Einstein. Il n'a pas découvert de théories, il se les ai simplement appropriées. Il a puisé un ensemble de connaissances existantes, il a cueilli et choisi les idées qui lui plaisaient et les a entremêlées ensemble pour fabriquer un conte sur sa contribution à la relativité restreinte. Ceci a été fait avec la connaissance pleine et entière et le consentement de ses pairs, et notamment des éditeurs des "Annalen der Physik". La plus célèbre équation de tous les temps est E = mc2. Elle est arbitrairement attribuée au seul Einstein (1905). Cependant, la conversion de la matière en énergie et de l'énergie en matière était connue de Sir Isaac Newton ("Gross bodies and light are convertible into one another...", 1704). Avant Einstein, l'équation peut être attribuée à S. Tolver Preston (1875), à Jules Henri Poincaré (1900) et à Olinto De Pretto (1904). Comme Einstein n'a jamais su utiliser correctement E = mc2 (Ives, 1952), il apparaît impossible de relier cette équation à quoi que ce soit provenant d'Einstein. »
Attypique.com : Vous affirmez que Einstein n’est pas à l’origine de sa principale découverte. Dans ce cas, pourquoi le monde scientifique de l’époque a laissé faire ?
Maurice Allais : « La présentation sélective par Arthur Eddington des données de l'éclipse de 1919, de telle sorte qu'elle soit dite avoir conforté la théorie de la relativité générale d'Einstein, est sûrement l'un des canulars les plus énormes du 20ème siècle. Son généreux appui à Einstein a corrompu le cours de l'histoire. Eddington était moins intéressé à vérifier une théorie qu'à tresser une couronne à Einstein, le roi de la Science. La communauté des Physiciens, involontairement peut-être, s'est engagée dans une sorte de fraude et de conspiration du silence; c'est en restant simplement spectateurs qu'ils ont permis la mise en place d'une hyperinflation de la réputation d'Einstein. Ce silence a bénéficié à tous les supporters d'Einstein. »
Notes : En plus de deux ouvrages récents, l’entretien posthume de Maurice Allais fait référence à de très rares interviews publiées dans Mariane et Fakir et de nombreuses citations extraites de ces livres.
L'Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar, Paris, 2005.
La Crise mondiale aujourd'hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l'évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.