Le premier
roman est un peu l’oeuvre de tous les dangers pour celui ou celle qui se pique
d’écrire. On ne devient pas écrivain en claquant des doigts mais on n’est pas
forcément écrivain non plus parce qu’on écrit. Il faut donc bien à un
moment ou à un autre prendre le risque d’affronter l’épreuve du premier roman.
C’est un rite initiatique qu’on peut connaître à tous les âges mais qui, selon
les intéressés, reste l’une des expériences les plus fortes de leur vie.
Demander à n’importe quel écrivain : que faisiez-vous le jour où l’on vous
annonça que votre premier roman allait être publié ? Il vous répondra avec la
plus grande précision. Et pour cause, ce fut sans doute l’une des meilleurs
nouvelles de sa vie – sinon pour certains la seule !
Sonia David
s’est donc frottée à cette étrange expérience qui conserve en France encore un
peu de ce prestige qui doit beaucoup aux deux siècles qui nous
précédèrent. Son premier roman Les petits succès sont un désastre nous
propose l’ascension de la butte Monmartre en technique alpine – cette dernière
s’opposant à la technique himalayenne exigeant des moyens beaucoup plus
conséquents en hommes et en matériel. Dans le domaine littéraire la
technique alpine consiste à respecter une unité de lieu, d’action et de temps
permettant – Racine en soupire d’aise – d’aboutir à un dénouement qui referme
le roman sur cette supplication du lecteur victime de son philtre : “Pitié
bourreau, laisse-moi 100 pages de plus !”
Les petits
succès sont un désastre est d’abord le roman de l’amitié, celui de la petite bande qui se réunit
chaque jour dans un café de Montmartre. Certains sont en couple, d’autres sont
célibataires, ils se connaissent par coeur. La narratrice, Rose, surnommée Zéro
par ses acolytes - chacun appréciera l’anagramme - partage les secrets
des uns et des autres qui connaissent les siens. Il y a un petit côté
post-lycée dans ces rencontres où l’on parle de tout et de rien et où chacun
scrute les évolutions psychologiques des membres de la petite confrérie.
Vincent, Nélou, Fab, Alex, Tica, Merlin, Sonia, Comar ne sont finalement pas
tout à fait finis, ils ne ressemblent pas à monsieur ou madame tout le monde,
où peut être alors sont-ils les messieurs et mesdames tout le monde de
Montmartre car après tout les clichés ont la vie dure et la butte continue de
représenter un certain idéal de vie. On s’amuse de leur légèreté, de
leurs aventures et on se surprend à vouloir jouer des coudes pour obtenir un
billet d’entrée dans ce club où il ne suffit pas de payer sa consommation pour
pouvoir être admis. La peinture que nous propose Sonia David de ces rencontres
de fins de journée aurait pu avoir un petit côté répétitif si l’écrivain
n’avait habilement glissé le petit grain de sable qui dérèglera le mécanisme
bien huilé des rendez-vous de la petite bande.
Rose est
traductrice et elle va, par le plus grand hasard, gagner une somme assez
importante pour s’offrir une période sabbatique qu’elle décide de consacrer au
rêve de sa vie : écrire un roman. Notez bien la subtile mise en abyme que nous
propose l’écrivain, écrire un premier roman sur un écrivain qui écrit son
premier roman ! Il y a là comme une technique élaborée pour éviter tous les
signes indiens qui accompagnent l’épreuve qui consiste à rédiger une oeuvre
romanesque destinée à la publication.
Si Les
petits succès sont un désastre est le roman de l’amitié, il est aussi celui
de sa dissolution. Ou comment perdre tous ses amis en un coup un seul
! En effet notre apprentie écrivaine va se montrer aussi douée pour venir
à bout de son oeuvre littéraire que pour s’expulser de la petite bande comme on
accouche d’une nouvelle vie. Sa méthode va consister à baser sa fiction
précisément sur les membres du groupe. Elle leur explique leur projet et se
propose de les interwiever les uns après les autres, certains font un peu de
résistance mais elle finit par recueillir les confessions de chacun. Son
roman naîtra finalement de ce patchwork de personnalités que l’auteur
revisitera évidemment à sa guise, ce qui ne plaira pas à tout le monde et en
vérité à presque personne.
La sortie de
son roman va coincider avec l’annonce de la maladie de Nélou l’un des piliers
de la petite bande. Rose voit simultanément son roman recevoir le
meilleur accueil du public et le pire de ses amis qui se sentent trahis par les
portraits qu’elle a faits d’eux dans son récit. Elle s’interroge sur le
cataclysme qu’a créé dans sa vie la publication de cette première oeuvre
littéraire : “J’ignore ce qui m’atteint le plus, la réaction de mes amis, ou
celle de la critique. D’avoir trahi mes proches, ou écrit un livre jugé aussi
mauvais (…) j’avais injecté le poison, sans me soucier de savoir si le temps
charrierait l’antitote, ni même s’il existait un remède…”
Rose en publiant
abandonne les habits de Zéro, son destin bifurque désormais et c’est elle qui
décide seule de ce que sera sa vie. Le groupe l’a nourrie pendant des années au
point d’avoir été à la base de sa réussite littéraire mais cette réussite donne
naissance à un être indépendant qui assumera sa solitude au point de quitter la
butte Monmartre pour le sud de la France. Car Les petits succès sont un
désastre serait aussi le roman de la solitude du romancier. Au fond le
remède de la vie de Rose ne tenait pas dans la chaleur protectrice de la petite
bande mais dans la solitude de l’écriture. La maison qu’elle achètera
avec ses droits d’auteur est aussi celle du retranchement, de l’exil intérieur,
celui que connaissent tous les créateurs qui ont appris à préserver leur jardin
intérieur.
Le roman
commence sur une touche plutôt légère aux amours et aux humours post
adolescentes et se boucle par une réflexion sur les paradoxes de l’existence,
sur la douceur perdue puis retrouvée, sur l’espoir d’une vie nouvelle qui ne
perdrait pas tout à fait ce que fut la précédente. En lisant les
dernières pages beaucoup auront le sentiment que Rose est peut-être tout
simplement devenue adulte mais qu’elle gardera toujours en elle cette part
d’enfance inextinguible et c’est peut-être là l’essentiel.
Sonia David a
choisi de placer en exergue de son ouvrage un sublime passage de Tout est
illuminé de Jonathan Safran Foer qui aurait aussi bien servir de conclusion
à cet excellent premier roman : “Nous parlâmes pendant de nombreuses minutes,
au sujet de nombreuses choses, mais en vérité je ne l’écoutais pas, et il ne
m’écoutait pas moi-même, et il ne s’écoutait pas lui même. Nous étions dans
l’herbe, sous les étoiles, et c’est ce que nous faisions.”
Interviews posthumes de personnalités historiques atypiques
« LAST INTERVIEW »
conception et réalisation éditoriale des journalistes passionnés par les interviews« exigeantes » via des recherches documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances, discours, séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les conservateurs des musées…
Il faut en moyenne deux mois pour réaliser
une « Last Interview » de 15 feuillets. De plus en plus de médias et acteurs culturels
Né dans une famille atypique,
d’origine russe, le jeune Boris Vian se sent tout de suite à l’aise pour
privilégier une approche de la vie non conformiste. Elevé dans « un
complet mépris de la Trinité sociale : Armée, Eglise, Argent » (1) au sein
d’une famille unie et aisée, il va pourtant connaitre rapidement les réalités
les plus dures de la vie. En avance sur tout, le futur centralien va
devoir « gérer » une excellence qui se manifeste dans les sciences de
l’ingénieur comme en littérature, en musique comme dans l'usage des mots, son
éloquence est appréciée lors de ces nombreuses conférences. Une excellence désormais reconnue comme
parolier à succès, directeur artistique de Philips,
au théâtre comme au cinéma, dans la traduction, le journalisme, la critique de Jazz… Boris Vian a
été toute sa vie atypique, dans son comportement comme dans ses écrits. D’une modernité
insolente, ses romans 60 ans après, sont toujours lus, étudiés et adaptés (le film "l’Ecume des jours" sortie le 24 avril 2013). Il vient d'entrer à la Pleiade.
Boris Vian illustre à sa manière l'artiste pressé, fou de jazz, curieux de tout. Esprit libre, roi de la dérision, il se glisse aussi parfaitement dans les nouveaux courants musicaux novateurs tels que le « be bop ». Vian, c'est la « Jazz attitude » de l’après guerre: expériences nouvelles, dérision et désinvolture.
Musicien, romancier, ce « prince » du St Germain des Prés de la fin de la guerre a été l’ami de Sartre et Queneau, un proche de Merleau-Ponty, Bost, Leiris,
Camus, Gréco, Cazalis, Lemarchand. Il a acceuilli Milles Davis et Duke Ellington, Louis Armstrong... à Paris, joué avec Jeanne Moreau pour Vadim, écrit avec Prévert, composé avec Luter, Legrand et Salvador, échangé avec Sartre (qui lui a "emprunté" au passage sa première épouse). Boris Vian restera pour l'histoire de cette époque une des traces les plus profondes et sans doute une pensée originale parmi les plus atypiques de
l’après guerre.
Alors Vian, une vie brillante ? Pas si simple.
Démarche classique: on
ne comprend pas Boris Vian si l’on écarte son enfance. Très jeune,
cet enfant rêveur va connaitre de multiples épreuves. Avec la crise de
1930, son père est totalement ruiné. A 12 ans, Boris apprend qu’il porte en
lui, au niveau du cœur une véritable bombe à retardement. Il s'agit d'une déficience de
la valve aortique. Son espérance de vie est courte et, à tout moment, il peut
partir. Enfant, déjà en sursis, il doit vivre encore et sans doute se battre plus fort après l’assassinat
mystérieux de son père. Plus tard, la mort rode à nouveau avec la disparition
accidentelle ou désirée de son ami le plus proche, le « Major », Jacques Loustalot.
Tout avait bien commencé. L’enfant Vian était entouré par
ses frères, sa famille, ses amis. Paul Vian, son père avait au
comble de sa richesse privilégié les cours particuliers directement dans
la demeure de Ville-d’Avray, à l’ouest de Paris. Puis Boris et ses
frères fréquentent le lycée de Sèvres, le lycée Hoche à Versailles (2)
avant d’achever leur cycle secondaire au Lycée Condorcet à Paris.
Latin, Grec, Allemand et des échanges en langue anglaise avec son père
puis sa première épouse Michelle lui serviront notamment plus tard comme
traducteur. Elève brillant, le bac latin-Grec en poche à 15 ans avec
dispense puis a 17 ans Bac Philo et mathématiques, il est admis a
l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures dans un rang moyen (il
touchait déjà à beaucoup de choses). Boris Vian entre en première
année le 6 novembre 1939 à Angoulême ou l’école Centrale était « repliée
» en raison de la guerre. Pur produit d’un excellent système scolaire, le non
conformiste Vian écrira plus tard dans un de ses romans (Les Fourmis) :
« C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent
le besoinde faire chier le monde ».
Boris, déjà, écrit et compose. Première œuvre,un peu technique : « Physicochimie desProduits
métallurgiques » rédigée avec un
vocabulaire de centralien : les « bandoirs » (transcription d’un cours)
ont été utiles pour obtenir la peau d’âne (diplôme de la promotion
b section Métallurgie). Entre les fêtes (nommées encore
surprises-parties) de Ville d’Avray, Capbreton…. Et les études, Boris
entouré fidèlement de ses amis (dont le « Major ») rédige ses premiers textes, des poèmes pour la plupart. Il
joue de la trompette et se découvre l’un des premiers experts en
Jazz américain.
Sa première femme Michelle précise que le Jazz que
jouaient les Allemands n’était pas « bon »
(3). Naturellement, à la Libération, Boris Vian fait danser les parisiens dans la formation Jazz de Claude Abadie, un polytechnicien
banquier et excellent musicien amateur. Excellent orchestre amateur que
le fidèle « Major » accompagnait souvent. L’influence du « Major » sur
Boris est primordiale. Ce fil de bourgeois aisés, intelligent et
sensible, était facétieux: il jouait souvent a enlevé son œil de verre pour impressionner les filles, sortait des
fêtes souvent ivre et... par la fenêtre! Le "Major" illustre le style de vie d’une certaine jeunesse des
années 45 – 50 du quartier de St Germain des Prés à Paris. Vivre
joyeusement, rire enfin après les atrocités et les hontes de la guerre et de ses réglements de compte à la Libération, ne pas se soumettre a un monde
dont ils mesurent l’absurdité, se méfier des autorités voire s’en
affranchir, se passionner pour les nouvelles musiques, les nouveaux
auteurs et leurs idées (existentialisme par exemple). Une jeunesse parfois inconsciente sur ses propres risques: en « quittant » une surprise-partie, le «
major » perdra la vie au cours d’une ultime voltige par une fenêtre une nuit de
janvier 1948.
Une page se tourne après la disparition du "Major". Premiers jobs et
premiers romans pour Boris Vian désormais marié et père d'un petit garçon. Boris Vian écrivait « au bureau » en l’occurrence ceux de
l’Office du papier puis de l’AFNOR qui venaient de recruter le jeune
ingénieur. Ce dernier rédige alors « l’Ecume des jours »
et « L’Automne à Pékin ». La nuit, Boris joue de la «
trompinette » au Tabou, la cave incontournable de St Germain que
lui et sa bande ont « investi » avec Gréco qui filtrait les « copains »
à l’entrée. C'est le 11 avril 1947 qu'est officiellement créé le Club dans un bistrot du 33, rue Dauphine, qui se nomme déjà le Tabou où la musique venait d'un pick-up. En juin 1947, un orchestre animé par Boris Vian et son frère Alain remplace le tourne-disque. Avec l’orchestre Abadie, Boris Vian joue aussi dans les dancings de
l’après-guerre : Royal Villiers, Rainbow Corner boulevard des Capucines…
Un swing vigoureux à la manière de « Bix » (Bix Beiderbecke, jazzman, un des rares
trompettistes blanc né en 1903 et mort en 1931). Plus tard, après
le musicien dont la carrière a dû s’interrompte en raison des problèmes de
santé, le romancier puis le parolier imposeront ce style fait de panache et de provocation, d'antimilitarisme et d'appels à l'érotisme, pour dénoncer l'absurdité et la "connerie" comme le souligne Boris Vian dans la "Last Interview" d'attypique.com.
Un exemple parmi d'autres: l’incontournable « tube » (mot
dont Boris Vian est parait-il l’inventeur) que constitue « Le Déserteur
» chanson pacifiste de 1954 que Boris Vian a rédigé en réaction contre la guerre d’Indochine,
a aussi son histoire à tiroir. Le texte (initialement un poème) s'achevait à l’origine, par
un quatrain plutôt menaçant : « Si vousme
poursuivez, Prévenez vos gendarmes, Que j'emporte des armes,
Et que jesais tirer. »
L’interprète Mouloudji lui fait remarquer que cette chute ne colle
pas avec l'idée de pacifisme. Boris Vian rectifie le texte dans la
version définitive : « que jen'aurai pas d'armes, et qu'ils pourronttirer». Lorsque Boris Vian l'interprète lui-même lors d'une tournée aux côtés de l’humoriste (on disait alors comique) Fernand Raynaud,
cette chanson considérée comme antimilitariste est souvent sifflée. Dans
cette France de l’après-guerre, un commando d'anciens combattants
veut l'empêcher de chanter car ils voient en lui un « bolchevik » lui
qui s’est toujours méfié de la politique. Peu importe, il chantera. Comme plus tard
Gainsbourg qui connaitra le même « acceuil » en interprétant sa
version de la « Marseillaise ». Dans son excellent "Vies parallèles de Boris Vian" Noël Arnaud rappelle que les 22, 27, 29 avril et 24 juin 1955, Boris Vian enregistre au Studio Apollo, rue de Clichy le disque au titre subtil " Chansons possibles et impossibles ". Le disque, pressé à 1 000 exemplaires, voit sa diffusion empêchée par des injonctions adressées à la Maison Philips, par une interdiction de passage sur les ondes et par les dénonciations des politiciens "patriotes patentés". Selon Noël Arnaud "Le Déserteur" était évidemment la principale cause de cette cabale.
Vian, fondamentalement est
un artiste atypique, un visionnaire contestataire, un musicien fou de jazz, un écrivain de l'absurde. Ennemi de la médiocrité et du conformisme, cet
atypique, ami d'autres auteurs contestés en leur temps Sartre, Jarry, Prévert... a combattu les archaismes toute sa courte vie avec élégance et dérision. Cet original a beaucoup écrit notamment sur l’absurdité,
celle de la guerre par exemple : « l’absurdité des batailles quisont
des batailles de mots mais qui tuent des hommes de chair ». Une
originalité pas toujours acceptée de son vivant, lui qui en rêvait, qui recherchait une reconnaissance. Il a rejoint la
collection de la Pléiade en 2010. Ce que confirme
à sa manière, sa première épouse, Michèle : « Boris a toujours eu vingt ans d’avance »
(3). Son drame intime, c'est qu'Il n’a peut être jamais su qui il était réellement cet enfant
condamné a 12 ans. Après avoir renoncé a différents métiers,
ingénieur, musicien, romancier, la fin de sa vie écourtée ressemblait
à un tunnel interminable dont la sortie semblait improbable au fur
et a mesure que son cœur faiblissait. L’enfant angoissé resurgissait. Boris Vian
doté d’une générosité et d’une gentillesse reconnues pas tous a dû
parfois se sentir très seul. Seul certainement, ce jour de juin 1959, ou il est mort, durant la projection privée
du film « J’irai cracher sur vos tombes » tiré d’un de ses romans. Ce
jour là, il a 39 ans depuis trois mois et a toujours soutenu qu’il n’en n’aurait
jamais 40.
des
journalistes passionnés par les interviews« exigeantes » via des recherches
documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances, discours,
séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les
conservateurs des musées…
Il
faut en moyenne deux mois pour réaliser
une «
Last Interview » de 15 feuillets
Attypique.com
anime des débats et conférences
en
partenariat avec des auteurs et éditeurs de Biographies / Histoire /
Documents / Témoignages / Essais
Attypique.com extrait de la
collection « Last Interview »:
Attypique.com : Villes d’Avray et ses
surpris-parties, bons souvenirs ?
Boris Vian : « J’étais
merveilleusement inconscient. C’était bon. » (1 p 78)
Attypique.com : L’orchestre de Claude
Abadie dans lequel vous jouez comme trompettiste était composé d’excellents musiciens amateurs dont Timsey-Timsey, un
personnage d’origine persane, très excentrique, grand buveur dont vous parlez
dans le « Manuel de St germain des Prés ». Ce "pote" est représentatif des personnages atypiques que St Germain des Prés a attiré juste après la seconde guerre ?
Boris Vian : « Oui, un
type fort riche toujours fauché et toujours vêtu de loques, il distribuait son
argent autour de lui avec une générosité incroyable. Il avait une
passion ; la guitare. Il chantait d’une voix grave et poignante, les
blues, les ballades anglaises et américaines surtout. Quand le Tabou fermait, à
deux heures, il partait, en espadrilles, à moitie noir, tirant sa guitare
derrière lui avec une ficelle et il allait à l’Amiral. En remontant les Champs
Elysées, il lui arrivait fréquemment de grimper aux réverbères pour pousser une
romance de là-haut, ou d’interpeller en musique les dames du trottoir. Il
pouvait dépenser cinquante ou soixante mille francs à boire, en une soirée, les
voisins en profitaient. »
Attypique.com : lorsque le Hot Club
de France fait venir Louis Armstrong en 1934 à Paris, l’association ne peut le
produire, public rare, salles couteuses. La première collection de Jazz parait
en France en 1932 chez Brunswick dirigé par Jacques Canetti. En soutenant le
Jazz américain par le choix de vos interprétations et des vos disques: Milles Davis Duke Ellington, musiciens Be bop... vous faites figure de
pionnier pour développer cette musique en Europe…
Boris Vian : « Dans le
contexte de l’époque, nous recevions des courriers à la rédaction de Jazz Hot.
Je me souviens avoir lu dans un de ces courriers signé par des soldats je
crois une copie d’une proclamation des autorités
d’Allemagne orientale rapportée par "Le Figaro". Il y était dit que « le
Jazz détruit la culture nationale, prépare à la guerre et conduit un grand
nombre à l’idiotie.»
Attypique.com : Dans l'univers des Lettres, vous bousculez là aussi les mentalités. Le scandale qui a accompagné la sortie de votre livre
« J’irai cracher sur vos tombes » relève du procès d’intention voulu
par une partie de la presse de l’époque. En janvier 1948, vous prenez la plume
pour répondre à un critique et précisez les tirages exactes de votre livre…
Boris
Vian : « La presse française fait preuve d’une partialité
révoltante et ne traite jamais que les mêmes sujets : les hommes
politiques et les autres criminels. En janvier 48, j’ai précisé par écrit à ce
journal en effet que le tirage n’était pas de 100 000 comme cela a
été écrit mais la moitié. Ce qui représente beaucoup moins de papier que
celui qu’on gâche tous les trois mois pour des élections ou des changements de
monnaie – ou tous les jours pour des journaux du soir. J’ai aussi rappelé que
ce livre pour moi, ne relève pas de la littérature, mais du
divertissement. » J’ajoute une phrase tirée de ma pièce « le Goûter
des généraux » : « Dire des idioties de nos jours où tout
le monde réfléchit profondément, c’est le seul moyen de prouver qu’on a une
pensée libre et indépendante ».
Attypique.com : Vos
romans : Vercoquinet le Plancton, L’Ecume des Jours, L’Automne a
Pékin, Les Fourmis, L’Herbe rouge, L’Arrache Cœur sont de véritables romans
sans doute en avance sur les mentalités. Finalement la littérature, c’est
davantage des histoires d’aujourd’hui ou de l’anticipation sur celles de
demain ?
Boris Vian : « J’ai
essayé de raconter aux gens des histoires qu’ils n’avaient jamais lues.
Connerie pure, double connerie : ils n’aiment que ce qu’ils connaissent
déjà ; mais moi j’y prends pas plaisir, à ce que je connais, en
littérature. Au fond, je me les racontais les histoires. J’aurai aimé les lire
dans des livres d’autres. Mais maintenant, vous me direz, j’écris pourtant des
trucs que je connais ; et ben, d’accord et chiche que vous n’appellerez
pas çà de la littérature : je dis vous au pluriel. J’ai parlé que de trucs
dont j’ignore véritablement tout. C’est çà, la vraie honnêteté intellectuelle.
On ne veut pas trahir son sujet quand on n’a pas de sujet - ou quand il n’est
pas réel.»
Attypique.com : On le sait vos êtes
rapide dans l’exercice de la rédaction. Vos notes ne comportent pratiquement
pas de ratures. Vous avez de la chance d'écrire si vite.
Boris Vian : « Mais
j'ai travaillé pour ça, j'ai travaillé vingt ans sur les bancs de l'école et ça
me faisait chier !» (3)
Attypique.com : Coté auteurs, qui
avez-vous lu et relu ? On sait que vous appréciez les romanciers
américains que vous avez traduit pour certains, et des auteurs français, Aymé,
Mc Orlan, Céline, Rabelais…
Boris
Vian : «Racine, Corneille même Molière ils me barbent. A huit ans, j’ai lu tout
çà. Maupassant aussi. Je lisais tout. Je regrette pas. Je suis débarrassé. Et
même maintenant, avec la pondération de l’âge mur, tout çà c’est de la
rigolade. J’aimais bien Rabelais. Encore maintenant. Mais c’est surement
censuré (1 p 237) La science fiction aussi avec Bradbury, Asimov... Il faut
préciser que les auteurs de Science Fiction sont des gens qui désirent raconter
des histoires et non pas comme nos jeunes romanciers de vingt ans leur
histoire, la pauvre qui n’a même pas commencé. Voici des années que
l’imagination, cette essentielle qualité, fait défaut aux écrivains, de
formation scolaire le plus souvent et qui se disent que tout sujet vaut une
dissertation, fût-il le plus plat du monde, pourvu que l’on disserte
bien. » J’ajoute un autre argument: « Supprimez le conditionnel,
et vous aurez détruit Dieu ».
Source: INA
Attypique.com : En tant que
chroniqueur vous avez collaboré a la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps
Modernes avec une première chronique publiée en mai 1946. Cette revue
publie aussi en juin 1946 des extraits de votre roman, « Les
Fourmis » puis des fragments importants de « l’Ecume des jours »
en octobre 1946. Vous, Boris Vian, vos chroniques étaient critiques notamment
envers les … critiques littéraires. Pourquoi cette ambigüité et cette arrogance
à l’égard des critiques ?
Boris
Vian : « On ne peut pas faire un article formidable sur ce
qu’un autre a créé : ça reste de la critique. La critique c’est pas
formidable. C’est de l’analyse. C’est un art d’égocentriste. C’est pas humain.
Tous ces disséqueurs ils se regardent en transparence à travers les
œuvres dont ils parlent ; quand ils ont bien tout démoli c’est clair comme
de l’eau et ils se voient en entier et ils bichent. La préface des œuvres de
Genêt par Sartre, c’est une histoire imaginaire de Sartre pédéraste… Et au
fond, c’est drôle, ils sont tous contre la littérature parce qu’ils ont peur.
Ils veulent comprendre. Et ils ne comprennent qu’en pièces détachées. Alors ils
cassent pour comprendre. Et il n’y a plus rien… » (1 p 260)
Attypique.com : C’est quoi un bon
critique ? Vous l’avez été vous aussi, dans les Temps Modernes et Jazz hot
par exemple, avec vos chroniques de jazz… ?
Boris
Vian : « On ne comprend pas une œuvre, on comprend l’homme
qui l’a faite »
Attypique.com : La fréquentation de
Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, la rédaction des Temps Modernes avec
Merleau-Ponty et Bost, les cocktails chez Gallimard avec Leiris, Camus,
Queneau, Gréco, Cazalis, Lemarchand … et d’autres habitués de St Germain des
Prés entre 1945 et 1949 vous a placé aux premières loges pour observer la vie
intellectuelle et ses courants tel que le mouvement existentialiste. Avez-vous
été tenté par cette approche philosophique ?
Boris Vian : « je ne
suis pas existentialiste. En effet, pour un existentialiste, l’existence
précède l’essence. Pour moi, il n’y a pas d’essence. Cela dit j’ai pris la
défense de Sartre et de Jarry contre la médiocrité de certains pisses-copies
dans un article que j’avais titré : « Sartre et la merde »
(1 p 261).»
Attypique.com : Oui je l’ai consulté.
Vous y parliez de merde et aussi de vomi. C’était très complet vu sous cet
angle…
Boris Vian : « Oui je
m’en souviens. Je tente d’y expliquer entre autres concernant ce thème que
Sartre n’aime pas la merde et s’en débarrasse en l’exorcisant. Une méthode
d’exorcisme classique est la composition littéraire : tout le monde
se crève à vous le répéter depuis que le « sacré » a fait son
introduction dans les Lettres, et quoi de plus indiqué que le papier, consacré
d’ailleurs par l’hygiène pour recevoir un tel produit. On ne peut qu’approuver
Sartre de localiser la merde sur le papier au lieu de la répandre à tous
les vents comme font les négligents (Claudel, Péguy, Romain Rolland) ou de la
conserver par devers soi, tels les égoïstes parmi lesquels on citerait en
premier lieu Messieurs Emile Henriot, Pierre Emmanuel, et d’autres membres de
l’académie Française. C’est malsain, ils méritent une bonne purge. »
Attypique.com : Vous qu’on a présenté
comme le Prince de Saint Germain des Prés, rebelle déclaré des institutions et
autres académies, vous le lecteur de « l’Homme révolté » de votre ami
Camus, vous demeurez individualiste, sans engagement officiel connu. Est-ce
l’ingénieur qui vient tempérer les idées de certains de vos amis, gens de
lettres engagés de l’après-guerre ?
Boris Vian : «
s’engager est une belle chose ; mais il faut lire le formulaire avant que
d’y apposer sa signature ; et s’il ne vous plait pas, s’il ne vous parait
pas fondé, quelle autre ressource sinon composer le sien à partir des éléments
dont on dispose ? Toute autre méthode tombe dans l’erreur, poussée parfois
jusqu’au délire, de l’interprétation ; il faut ici que j’avertisse que ce
que je dirai voudra dire ce que je dis, rien de plus - rien de moins –
C’est pour cette raison que je pourrai souscrire à ce genre de slogans selon
lesquels toute conscience veut la mort de l’autre : car pour une conscience
pure, ce désir serait purement platonique et ne serait donc pas formulé. »
Attypique.com : L’antimilitarisme de vos écrits – dont la fameuse chanson « Le Déserteur » - l’ironie dont
vous faites preuve envers les institutions toutes ces prises de position pour
des mœurs plus libres… s’inscrivent en dehors d’actes politiques. Il s’agit
davantage d’une posture philosophique ou un remède personnel, un reflexe
de protection contre ce que vous estimez être la médiocrité. A la manière de
votre ami Jacques Prévert, on sent que vos ennemis sont les ennemis du bonheur.
Vérité ou abus ?
Boris Vian : « Ce qui
compte ce n’est pas le bonheur de tout le monde, c’est le bonheur de chacun. La
politique est appelée a disparaitre en tant que méthode de résolution des
problèmes de l’homme, et on arrivera à l’éliminer au même titre que la
syphilis. Il ne faut pas s’y tromper. Le communisme c’est très gentil mais
c’est devenu un genre de conformisme nationaliste. Le socialisme a mis tant de
vin dans son eau qu’il a tourné à l’abondance… quant au reste, je n’en parlerai
pas parce que j’ignore ce que c’est que la politique et çà ne m’intéresse pas
plus que le tabac… Oui, les vrais propagandistes d’un ordre nouveau, les vrais
apôtres de la révolution future, future et dialectique, comme de bien entendu,
sont les auteurs dits licencieux. Lire des livres érotiques, les faire
connaitre, les écrire, c’est préparer le monde de demain et frayer la voie à la
vraie révolution.» (4)
Attypique.com : Et la guerre, même
paradoxe, tout le monde est contre et tout le monde l’a fait ?
Boris Vian : « Oui, la
guerre tout le monde est contre ; mais les mémoires de guerre, c’est très
bien vu, et si on a tué cent mille personnes, on est un héros… L’alcoolisme,
tout le monde est contre… mais si on gagne un milliard avec des bateaux de
vins, on est un grand socialiste. L’amour, tout le monde est pour… nous
l’a-t-on assez répété le croissez et multipliez… ? Moralité, on se fait
fourrer au bloc toutes les fois qu’on a le malheur de détourner une mineure… »
(4)
Attypique.com : Justement parlons-en
des mineures, car vous n’êtes surtout pas à prendre au premier degré. Directeur
artistique chez Philips, vous avez rédigé un texte pour les adolescents
acheteuses et acheteurs d’un disque destiné à faire danser dans les Surprise-party.
Pouvez-vous nous citer quelques conseils destinés aux filles sur le flirt par
exemple ?
Boris Vian : « Oui, il
faut d’abord rappeler ce qu’est une surprise-party : une réunion où
personne n’est surpris et où personne n’est parti… Puis je leur suggère
directement en m’adressant à elles, qu’elles sont venues à cette surprise-party
pour flirter ou, comme vous dites élégamment dans votre jargon moderne, pour
vous « faire » untel ou untel. Sachez qu’ils, les garçons, sont venus
exactement dans la même intention. Aussi bannissant toute hypocrisie, déclarez
vos intentions sans circonlocutions sottes à l’objet visé. Cela lui évitera de
perdre son temps, et il a un examen à préparer. Il serait juste, puisqu’elles
votent, que les femmes prissent leurs responsabilités. Sur la boisson, je
leur recommande « qu’il est de mauvais ton, pour une pucelle, de boire plus que
de raison. Ne dépassez donc pas la demi-bouteille de whisky. Et je
précise : que ce soit du scotch. Le whisky américain (bourbon ou rye)
comme le cognac laisse le lendemain une forte migraine et vous interdit en
somme de faire deux surprises-parties de suite. »
Attypique.com : Durant les années 50,
vous vous intéressez au Cinéma avec les réalisateurs Pierre Kast (5), Astruc….
Vous faites l’acteur également. Mais devenir réalisateur ne vous a jamais
tenté ?
Boris Vian : «
Techniquement, c’est pas encore assez au point. Quand ça sera aussi simple de
filmer que de regarder, je m’y mettrai mais dépendre de trop de gens zut. Pas
envie de commander aux gens ».
Attypique.com : En 1948, votre
médecin vous prévient de l’évolution de votre maladie cardiaque. Vous décidez
d’arrêter la « trompinette ». C’est un déchirement pour Vous.
Vous n’aviez plus le choix ?
Boris Vian : « Je le
répète aux journalistes : chaque souffle dans ma trompette abrège mes
jours. »
« Last Interview » réalisée par
Jean Philippe Klein
Poème de Jacques Prévert après le déces de Boris Vian:
Pour Ursula
Sa date de naissance
Sa date de décès
Ce fut langage chiffré
Il connaissait la musique
Il savait la mécanique
Les mathématiques
Toutes les techniques
Et les autres avec
On disait de lui qu’il n’en faisait qu’a sa tête
On avait beau dire
Il en faisait surtout à son cœur
Et son cœur lui en fit voir de toutes les couleurs
Son cœur révélateur
Il savait trop vivre
Il riait trop vrai
Il vivait trop fort
Son cœur l’a battu
Alors il s’est tu
Et il a quitté son amour
Il a quitté ses amis
Mais ne leur a pas faussé compagnie
Jacques Prévert
"Pauvre Boris" interprétée par Jean Ferrat Musique : Alain Goraguer
Tu vois rien n'a vraiment changé Depuis que tu nous a quitté Les cons n'arrêtent pas de voler Les autres de les regarder Si l'autre jour on a bien ri Il paraît que " Le déserteur " Est un des grands succès de l'heure Quand c'est chanté par Anthony Pauvre Boris
Voilà quinze ans qu'en Indochine La France se déshonorait Et l'on te traitait de vermine De dire que tu n'irais jamais Si tu les vois sur leurs guitares Ajuster tes petits couplets Avec quinze années de retard Ce que tu dois en rigoler Pauvre Boris
Ils vont chercher en Amérique La mode qui fait des dollars Un jour ils chantent des cantiques Et l'autre des refrains à boire Et quand ça marche avec Dylan Chacun a son petit Vietnam Chacun son nègre dont les os Lui déchirent le coeur et la peau Pauvre Boris
On va quitter ces pauvres mecs Pour faire une java d'enfer Manger la cervelle d'un évêque Avec le foie d'un militaire Faire sauter à la dynamite La bourse avec le Panthéon Pour voir si ça tuera les mythes Qui nous dévorent tout du long Pauvre Boris
Tu vois rien n'a vraiment changé Depuis que tu nous a quittés
Saint-Germain-des-Prés de Jean Suyeux et Freddie Baume,
tourné entre 1946 et 1950 au Tabou, aux Lorientais. Unique copie subtilisée par
la police qui avit cru entrevoir une femme nue.
Deux courtes scènes ou apparaît Boris Vian dans le rôle de Prévan, dans "Les Liaisons Dangereuses" de Roger Vadim, 1959, avec Jeanne Moreau et Gérard Philippe
Boris Vian adapté au cinéma:
1968 : L'Ecume des jours, adapté et réalisé par Charles Belmont avec Jacques Perrin, Marie-france Pisier, Sami Frey, Annie Buron, Bernard Fresson, Alexandra Stewart.
Le 15 janvier 1947, les éditions Vrille publient l'Arrache-Coeur avec une préface devenue célèbre de Raymond Queneau. Le livre laissera totalement indifférente la critique. Le roman raconte, l'histoire d'amour de Colin et Chloé, tout en mettant en scène les amis de Colin, Chick et Nicolas. L'idylle du couple prend fin quand Chloé tombe malade à cause d'un nénuphar qui pousse dans on poumon droit. Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant. Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre culte depuis plus de cinquante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.Sortie le 26 avril.
Le livre avait déjà connu une première adaptation en 1968, avec les acteurs Jacques Perrin, Marie-France Pisier et Sami Frey.
RENTRÉE 2013 La fierté, l’amour, la liberté, la cruauté. Quatre thèmes incontournables et délicatement mis en scène par Samar Yazbek. Alya, est la jeune bonne illettrée et pauvre de sa maîtresse Hanan Al-Hachimi le jour et devient son amante la nuit.
(Dernière mise à jour: 25 décembre 2012) Toujours la même question: que risque t-on de perdre lorsqu'on on croit gagner ? Les journalistes de 2013 vont-ils devenir victimes du "progrès numérique" comme les tisseurs de 1801 avec la machine automatisée de "Jacquard" ? L'histoire bégaie toujours.
« Grâce à sa plate-forme d’intelligence artificielle brevetée, Narrative Science transforme des données en articles et en discours compréhensibles », explique-t-on chez Forbes. Même ton au New York Times. Et en Europe, ça pourrait arriver très vite. On sait qu'il existe déjà une réelle crise de l'information et de ses acteurs (imprimeurs, diffuseurs, maison de la presse...) et des journalistes. Les robots-journalistes (en fait des serveurs dédiés a la génération automatique de textes) risquent de rendre la situation plus délicate. Et ce n'est pas vraiment souhaitable.
On connait la crise économique de la presse papier (et malheureusement d'une partie de la presse numérique). Une future crise se profile si si l'on remarque un phénomène plus discret, celui des technologies numériques les plus récentes qui desservent autant qu'elles servent les journalistes. Une révolution numérique après la révolution industrielle ? Normal. Mais avec quels effets ? Les progrès inouis réalisés ces dernières années en termes de gestion de métadonnées (concept de Big Data cf attypique.com : vie numérique ) et d'intelligence artificielle nous amène à un point de non retour: c'est un fait, les technologies savent de plus en plus s'affranchir de l'humain.
Depuis plusieurs années nous partageons nos vies au quotidien avec des trains sans conducteurs, des appels automatiques de robots vocaux sur nos téléphones ou des sanctions là encore automatiques comme automobilistes par des radars connectés à internet. Il restait un domaine vierge, celui de la création intellectuelle liée à l'écriture et plus particulièrement aux métiers du journalisme. L'une des bases de ce métier, c'est une forme d'innovation intellectuelle, une découverte, une "news" à communiquer, une bonne info qui après analyse et vérification sera publiée et éventuellement reprise, commentée, critiquée peu importe. Une info toujours vérifiée. Une vérification effectuée par recoupements multiples, activation du réseau de contacts personnels, enquête, investigation de toutes sortes... Une démarche professionnelle qui rassemble ce qui peut faire potentiellement une "Une" exceptionnelle de type Watergate (lire la note sur le journalite Bob Woodward du "Post" dans la section "journalisme" d'Attypique.com) ou au quotidien tout simplement un bon "papier".
Passée à la grillle de lecture des nouvelles technologies numériques, cette approche est elle menacée ? Si l'on oublie l'humain, assurément.
C'est aussi ce que nous enseigne l'histoire. Aux Etats-Unis une compagnie (il en existe d'autres) Narrative Science (cf BONUS et Vidéo ci dessous) propose des services de story telling atypiques. Ses fondateurs proposent aux directions des médias des articles rédigés par des... robots. Les technologies numériques le permettent, les marchés sont "open" du moins aux Etats-Unis. Des textes (on n'ose pas écrire articles) basés sur un canevas identiques sont structurés à partir de données issues de data centers. Ces datas sont analysées comme des faits et proposées selon les concepteurs de Narratives Science sous un angle "approprié" pour des rubriques financières et sportives dans un premier temps.
Questions: Données venues d'où, vérifiées par qui, sélectionnées au nom de quoi, par quelle intelligence avec quelle expérience ? Mystère. Est ce un outil ou un service clé en main ? Combien de journalsites humins seront a terme licenciés "remplaçés" par des "robots de story telling" ?
Bref, toujours la même question: que risque t-on de perdre quand on oublie l'humain ? Que risque t-on de perdre quand on croit gagner ? Les journalistes des années futures risquent-ils le même sort que les tisseurs de 1801 ? Que les artisans face à l'industrie ? Si cette technologie proposée par Narrative Science associe le travail humain à ces automatismes, la partie est jouable. Mais qui va gouverner l'autre entre la machine à débiter des "articles" et le journaliste menacé par les lois du profit ? Et si la machine l'emportait ?
Source télérama / 2012
Face aux évolutions des technologies, fut-il laisser faire et regarder mourir la presse ?
Osons une référence au passé. Va t-on s'acheminer vers une nouvelle révolte comme celle provoquée par la machine de Jacquart ? On se souvient que ce fils de tisseur de soie lyonnais a construit en 1801, un métier à tisser commander par une série de cartes perforées. Cette machine permettaient déjà d'automatiser autrement dit d'enregistrer une sorte de programme, qui déterminait le motif qui allait être tissé. En fait, les trous dans les cartes permettaient à des tiges de choisir les fils appropriés pour chaque ligne de tissu. L'ancêtre de l'ordinateur est à ce titre français. Reste que l'invention faillit disparaître dès son apparition. Elle a été détruite par les tisseurs traditionnels qui craignaient de perdre leur emploi lors de la mise en exploitation du "métier à tisser informatisé". C'est la fameuse révolte des Canuts de Lyon. Peu de risque que les journalsites s'en prennet aus serveurs. Un, parce qu'ils s'en servent, deux qu'il existe du "data journalisme" ou journalsime 2.0 depuis que les blogs existent et trois, les robots "bien pilotés" peuvent éventuellement aider certaines rédactions. Tout réside dans le "bien piloté" !
Reste qu entre Google (qui menace de ne plus recenser les sites d'information) et les futurs robots générateurs "d'informations", l'info gratuite sur le WEB, la génération Y qui ne vit que par Internet, que vont gagner les lecteurs de la presse traditionnelle en qualité ?
Comment va évoluer le métier de journaliste ? Au regard de l'histoire, l'avenir donne raison aux "robots". On se souvient que la machine Jacquard fut finalement déclarée d'intérêt publique, et les métiers Jacquard furent déployés partout (il y en avait déjà 11 000 en France en 1812). En sera t-il de même pour l'industrie de la presse avec la révolution numérique après la révolution industrielle ?
Dec 2012: dernier numéro Print pour Newsweek; la dernière Couv'
How a Late-Night Call Changed the History of Newsweek
Dec 24, 2012 12:00 AM EST
When Ben Bradlee called Phil Graham, things got ‘more fun.’
For all that Ben Bradlee accomplished during his time at Newsweek, nothing was more important than one fateful late-night phone call to a man he barely knew. It was 1961, and Newsweek, which was then owned by the Vincent Astor Foundation, was up for sale. Bradlee—who had joined Newsweek’s Washington bureau in 1957—found himself wondering if Philip Graham, who owned The Washington Post, might be interested in purchasing the magazine.
Bradlee joined Newsweek’s Washington bureau in 1957. (Mike Lien / The New York Times-Redux)
What happened when he got Graham on the phone was a surprise: the Post’s owner asked him to come to his house right away. “I didn’t expect to be summoned,” Bradlee, now 91, recently told me. That night, the two men spoke until 5 a.m. Four hours later, at 9 a.m. sharp, Bradlee returned with a 50-page stream-of-consciousness memo he had written on the potential sale. Graham soon bought the magazine for $15 million, and Bradlee got a handsome finder’s fee.
Under Graham, Newsweek moved into the publishing world’s big leagues. “It certainly became more fun,” Bradlee says. “There was a spirit of youth inNewsweek that didn’t exist at Time.” Bradlee served as Washington bureau chief, and he and Graham, he recalls, grew “very close.”
Bradlee would stay at Newsweek for four more years. Beyond his pivotal role in the sale, his tenure at the magazine is mainly remembered for his chummy relationship with John F. Kennedy—who had been his neighbor in Georgetown before moving to 1600 Pennsylvania. Bradlee and Kennedy had dinner twice a week at the White House and regularly spoke on the phone. “Most of the time we didn’t talk about things that I would then write about,” Bradlee says—except when there was an important story in the news. (“I didn’t make any secret of that,” Bradlee recalls. “He could see I was taking notes.”)
In 1963, just a few months before Kennedy was assassinated, Philip Graham—who suffered from bipolar disorder—took his own life. His death left the company in the hands of his widow, Katharine Graham. Two years later, she brought Bradlee to the Post, where he would become a legendary editor. Yet he never stopped caring about Newsweek. And when the Graham family put the magazine up for sale in 2010, Bradlee said bluntly, “It breaks my heart.”
Howard Kurtz is The Daily Beast and Newsweek’s Washington bureau chief, and writes the Spin Cycle blog. He also hosts CNN’s weekly media program Reliable Sources on Sundays at 11 a.m. ET. The longtime media reporter and columnist for The Washington Post, Kurtz is the author of five books.
" Vous voulez la misère secourue, moi, je la veux supprimée."
Victor Hugo, le géant paradoxal poète exilé et auteur français le plus connu. Victor Hugo, le politique visionnaire d'une Europe fédérée, l'artisan de la justice et de la liberté au sein d'une république plus "conservatrice" que "révolutionnaire". Conservateur et rebelle, haut dignitaire et reclu, souvent présenté comme le génie universel aux multiples talents, il a été révolutionnaire et favorable à la colonisation (du moins celle de l'époque). Parlementaire, il s'est impliqué à droite comme à gauche dans tous les grands débats dans lequel il plaçait l'idéal démocratique de 1846 à 1880. Victor Hugo est mort à Paris le 23 Mai 1885 à 83 ans. Plus de un million de personnes ont assisté à ses funérailles.
A 12 ans il écrit ses premiers poèmes. A quatorze ans, il affirme: " Je veux être Chateaubriand ou rien". Un écrivain est vivant tant que ses livres continuent à nous parler. En décembre 2013, sort au cinéma " l'homme qui rit " un exemple parmi des milliers qui montre à quel point Hugo est vivant. En ce sens, et de par ses idées de justice et de vérité, Victor Hugo est m^me de plus en plus vivant. Colloques, anniversaires, expos, livres mais aussi... comédie musicale. 25 ans après leur création à Paris, "Les Misérables" version comédie musicale sont revenus en juin 2010 à Paris. C'est à propos de ce chef d’oeuvre de la littérature, que le poète a expliqué: " Tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles" en ajoutant "Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l'action." Il est aussi celui qui martèle sans cesse: "la guerre, c'est la guerre des hommes, la paix c'est la guerre des idées ". A l'époque ou il publie un essai, "Le dernier jour d'un condamné" (1829) ou il s'engage en faveur de l'abolition de la peine de mort, un ministre, François Guizot, tente de faire voter l'abolition. Il échoue de peu. Sous le règne du roi-bourgeois Louis-Philippe 1er, Hugo, chef de l'école romantique se mue en notable et pair de France. Homme de théâtre, il déclenche une bataille avec "Hernani". Il devient républicain sous la IIe République (1848) et en appelle à la création des États-Unis d'Europe quand le continent entre en ébullition. Emu par les souffrances du peuple en 1848, Victor Hugo affiche son hostilité à Napoléon III qui le fait exiler à Jersey, puis à Guernesey. En 1859, il refuse l'amnistie de l'Empereur. Pendant cet exil qui dure près de vingt ans, il produit la partie la plus riche de son oeuvre.
Intellectuel et populaire, incontestablement ce génie de l'écriture l'a été. Tribun, il le revendique: "l'orateur, c'est le semeur". Devenu patriarche, chacun de ses discours est un évènement salué par le peuple de Paris qui s'entasse dans les tribunes du sénat. Ses paroles sont largement relayées par la presse séduite par une syntaxe "accessible et populaire" relève Marieke Stein dans son excellent "Victor Hugo, l'universel" dans la collection "Tribuns" à la documentation française. C'est exact, le poète possède de multiples talents à commencer par celui de la maitrise totale de la syntaxe. Pour lui, "L'adjectif, c'est la graisse du style" et '" l'argot, c'est le verbe devenu forçat ". Il sait aussi écrire l'amour, les femmes de sa vie en témoignent. Ses recueils de poésie aussi. Sa correspondance révèle un personnage intime attachant, un homme sensible doté d'une certaine audace. En témoigne ses lettres adressées à son amante, la jalouse Juliette Drouet. Lettres toujours d'actualité pour les couples en...difficulté...
Un jour de 1873, Juliette trouve une enveloppe étrange dans le courrier. Elle l'ouvre et y découvre l'indice d'une relation qu'Hugo entretiendrait avec une autre femme. Sortie récemment de la clandestinité amoureuse, elle sait qu'on n'est pas toujours du bon côté de la trahison : elle fait ses valises. Hugo apprend qu'elle s'est réfugiée à Bruxelles. S'ensuit une série de missives implorantes, dont un prodigieux chef d'oeuvre de dix pages, où il déploie tout son art .« D'un mot je ferai tomber tous tes doutes », promet-il. Juliette Drouet se jure bien de résister aux astuces littéraires de son assaillant. Elle tiendra une semaine. Pour obtenir sa reddition, il aura fallu qu'Hugo donne corps, à longueur de lettres, à sa version des faits, par une fascinante répétition de motifs bien choisis. La mystérieuse correspondante est une « folle », cette histoire un « hideux rêve de folie » ; seul le retour de Juliette permettra la révélation de son innocence (« si je te voyais, comme tout cela s'éclaircirait vite ! ») et pourrait lui sauver la vie (« Te perdre, c'est mourir. Ne me tue pas !») ; Hugo en arrive même à inverser les rôles, dans une fabuleuse tentative de mystification : « Je vais revenir. Oh ! attends-moi. » Ces lettres ont l'ampleur inutile d'un jeu littéraire. Il sait qu'elle reviendra. Il sait aussi que la romance est une affaire de romanciers (1).
Victor Hugo : « Accepter dans l'occasion le mot cru, rejeter le mot sale. Eviter ces deux écueils: le mot impropre, le mot malpropre. L'adjectif, c'est la graisse du style. Celui-là seul sait écrire qui écrit de telle sorte qu'une fois la chose faite, on n'y peut changer un mot. C'est le style qui fait la durée de l'oeuvre et l'immortalité du poète. La belle expression embellit la belle pensée et la conserve; c'est tout à la fois une parure et une armure. Le style sur l'idée, c'est l'émail sur la dent. Admirons les grands maîtres, ne les imitons pas. Je veux être Chateaubriand ou rien. C'est une mauvaise manière de protéger les lettres que de prendre les lettrés. Ce sont les mots nouveaux, les mots inventés, les mots faits artificiellement qui détruisent le tissu d'une langue. En littérature, le plus sûr moyen d'avoir raison, c'est d'être mort. Chexpire, quel vilain nom! - On croirait entendre mourir un Auvergnat. »
Attypique.com: Vous n’hésitez pas a inclure de l’argot dans vos romans comme dans Les Misérables. Pourquoi ?
Victor Hugo : « L'argot c'est le verbe devenu forçat. L'argot est tout ensemble un phénomène littéraire et un résultat social ... . La misère a inventé une langue de combat qui est l'argot. L'argot, c'est la langue des ténébreux. Si certains de mes personnages le sont, il est normal que je les fasse parler de cette manière. »
Attypique.com: Que représente le théâtre pour Vous ?
Victor Hugo : « Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre: par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu. Je ne reconnais pour grand écrivain que celui qui a telle page qui est comme son visage et telle autre page qui est comme son âme. Reste la réalité. Ainsi, la bataille dite d'Hernani est celle des idées, celle du progrès. C'est une lutte en commun. Nous allons combattre cette vieille littérature crénelée, verrouillée [...] Ce siège est la lutte de l'ancien monde et du nouveau monde, nous sommes tous du monde.»
Attypique.com: Vous dessinez beaucoup également. L’art à vos yeux, représente quel symbole ?
Victor Hugo : « L'art, c'est la création propre à l'homme. L'art est le produit nécessaire et fatal limitée, comme la nature est le produit nécessaire et fatal d'une intelligence finie. L'art est à l'homme ce que la nature est à Dieu. L'art, c'est le reflet que renvoie l'âme humaine éblouie de la splendeur du beau. L'art, c'est le relief du beau au-dessus du genre humain.»
Attypique.com: Vous avez été un homme politique engagé et de ce fait parfois exilé. Que vouliez vous réformé en vous engageant en politique ? Une certaine idée de la Justice ?
Victor Hugo : « De grâce, ne voyez pas en moi un ministre, je veux rester l'ami indépendant des lettres et des lettrés. Je veux l'influence et non le pouvoir, l'influence honnête, probe, éclairée et rien de plus, rien pour moi surtout. Comprenons nous: monsieur, j'ai pour principe, écoutez bien cela, d'admirer l'admirable et de m'en tenir là. Qu'appelez-vous justice ? Qu'on s'entr'aide, qu'on soit des frères, qu'on vêtisse ceux qui sont nus, qu'on donne à tous le pain sacré, qu'on brise l'affreux bagne où le pauvre est muré. Or, aujourd’hui, ce qui salit le poète et le philosophe, ce n'est pas la pauvreté, c'est la vénalité, ce n'est pas la crotte, c'est la boue. C'est l'extirpation du faux goût qui, depuis près de trois siècles, substituant sans cesse les conventions de l'école à toutes les réalités, a vicié tant de beaux génies. Ne l’oublions pas : la liberté commence où l'ignorance finit. Il y a une divinité horrible, tragique, exécrable, paienne. Cette divinité s'appelait Moloch chez les hébreux et Teutatès chez les celtes; elle s'appelle à présent la peine de mort. Je suis de mon siècle et je l'aime!”
Attypique.com: Le 13 juin 1849, vous prononcez un discours à l"assemblée qui selon les observateurs marque votre entrée dans l'opposition de l'époque, un divorce avec le parti de "l'ordre" celui des conservateurs alors majoritaire. Divorce qui semble t-il ce sarait accentué avec un second discours sur "l'affaire de Rome" et vos critiques non voilées à l'encontre du pape Pie IX. et de la droite catholique en France. Pourquoi ces prises de position ?
Victor Hugo : « Ce qui n'est pas possible, c'est que nous n'ayons pas même secoué sur Rome ces idées généreuses et libérales que la France porte partout avec elle dans les plis de son drapeau. Ce qui n'est pas possible, c'est de laisser souffleter la France par la main qui devait la bénir. Voilà pour Rome; mais il y a aussi la France et la misère, à Paris du temps ou nous vivons. Voulez-vous des faits ? Ecoutez moi: Il y a à Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, ou des familles entières, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, vivent pêle-mêle, n'ayant pour lits... C'est à Paris, ceci....n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange au coin des bornes, espèce de fumier des villes où s'enfouissent toutes vivantes des créatures humaines pour échapper au froid de l'hiver. Eh bien, je dis que de tels faits ne doivent pas être! je dis que la société doit dépenser toute sa sollicitude, toute sa force, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de tels faits ne soient pas".
Attypique.com: A l'hiver de votr vie, où vous situez-vous sur l'échiquier politique ?
Victor Hugo : « Depuis l’âge où mon esprit l’entrevoit, et où j’ai commencé à prendre part aux transformations politiques ou aux fluctuations sociales de mon temps, voici les phases successives que ma conscience a traversées en avançant sans cesse et sans reculer un jour – je me rends cette justice – vers la lumière : 1818, royaliste ; 1824, royaliste libéral ; 1827, libéral ; 1828, libéral socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain. Mauvais éloge d'un homme que de dire : son opinion politique n'a pas varié depuis quarante ans. C'est dire que pour lui il n'y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C'est louer une eau d'être stagnante, un arbre d'être mort ; c'est préférer l'huître à l'aigle. Tout est variable au contraire dans l'opinion ; rien n'est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses. Or, cette moralité est affaire de conscience et non d'opinion. L'opinion d'un homme peut donc changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social. Ce qui est honteux, c'est de changer d'opinion pour son intérêt, et que ce soit un écu ou un galon qui vous fasse brusquement passer du blanc au tricolore, et vice versa." J'ai expliqué cela dans "Littérature et philosophie mêlées".
Attypique.com: Parlons clairement c'est aussi votre habitude, êtes vous socialiste notamment après juin 1849 ou la jeune république semble encore menacée vous avez écrit "une morte était à terre, on criait : c' est la République! Il alla à cette morte et reconnut que c'était la liberté. Alors il se pencha vers ce cadavre et il l'épousa".
Victor Hugo: "Il n'y a pas cent socialismes comme on le dit volontiers. Il y en a deux. Le mauvais et le bon. Il y a le socialisme qui veut substituer l'Etat aux activités spontanées, et qui, sous prétexte de distribuer à tous le bien-être, ôte à chacun sa liberté. Ce socialisme là détruit la société; Il y a le socialisme qui abolit la misère, l'ignorance, la prostitution, les fiscalités, les vengeances par les lois, les inégalités démenties par le droitou par la nature, toutes les ligatures, depuis le mariage indissoluble jusqu'à la peine irrévocable. Ce socialisme-là ne détruit pas la société ; il la transfigure. En d'autres termes, sous le mot socialisme comme sous tous les mots humains, il y a la vérité et il y a l'erreur. je suis contre l'erreur et pour la vérité".
Attypique.com: À partir de 1849, vous consacrez un tiers de votre œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. Quelles voies avez-vous voulu privilégier pour aider les plus faibles ?
Victor Hugo : « Rappelons un peu d’histoire: avant l'imprimerie, la Réforme n'eût été qu'un schisme, l'imprimerie l'a faite révolution. Otez la presse, l'hérésie est énervée. Que ce soit fatal ou providentiel, Gutemberg est le précurseur de Luther. Il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple: car c'est par les ténèbres qu'on le perd. Là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. Osons le dire : la guerre, c'est la guerre des hommes, la paix c'est la guerre des idées. Il ne peut y avoir rien que de factice, d'artificiel et de plâtré dans un ordre de choses où les inégalités sociales contrarient les inégalités naturelles. Je disais hier à Ch. Dupin: - M. Guizot est personnellement incorruptible et il gouverne par la corruption. Il me fait l'effet d'une femme honnête qui tiendrait un bordel. »
Attypique.com: Lors de la Commune de Paris, révolte durement réprimée, vous n'avez jamais été considéré comme Communard: frilosité ou volonté de condamner cette révolte populaire ?
Victor Hugo : « Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n’en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c’est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J’accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c’est qu’elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : civilisation-révolution . La construction d’une société égalitaire ne saurait découler que d’une recomposition de la société libérale elle-même. Mais je me suis opposé à la répression sévère qu'ont subi les communards: des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! » N'oubliez pas que j'ai déclaré aux élus de la Droite à l'assemblée nationale: "Vous voulez la misère secourue, moi, je la veux supprimée."
Attypique.com: Pensez-vous que l’Europe politique existera un jour ?
Victor Hugo : «Le scepticisme est la carie de l'intelligence. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne ! Amis, la persécution et la douleur c'est aujourd'hui ; les États-Unis d'Europe, les Peuples-Frères c'est demain... Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire... Elle sera illustre, riche, puissante, pacifique, cordiale au reste de l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une amie... elle aura quelque peine à faire la différence entre un général d'armée et un boucher... Elle s'appellera l'Europe et aux siècles suivants, plus transfigurée encore, l'Humanité ».
Attypique.com: Vous dites que le Commerce doit remplacer la guerre. Est ce pour cette raison que vous semblez opter pour des idées colonialistes comme vous l'avez affirmé lors d'un banquet pour l'abolition de l'esclavage le 18 mai 1879 ?
Victor Hugo : "La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie [...]. Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et, du même coup, résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez."
Attypique.com: Vous avez connu la vie d’un exilé pour des raisons politiques. Comment avez-vous vécu cette période de censure ?
Victor Hugo : "Bonté de l'exil. - Voltaire est plus Voltaire à Ferney qu'à Paris. Danton fut l'action dont Mirabeau avait été la parole. J’en ai la conviction : l'encrier brisera les canons. Devant la conscience, être capable, c'est être coupable. La censure est mon ennemie littéraire, la censure est mon ennemie politique. La censure est de droit improbe, malhonnête et déloyale. J'accuse la censure. La chute des grands hommes rend les médiocres et les petits importants. Quand le soleil décline à l'horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque chose. L'exil est une espèce de longue insomnie. L'exil, c'est aussi la nudité du droit."
Attypique.com: Croyez-vous a une puissance surnaturelle qui dépasserai l’humain ou pensez vous que l’homme lui même renferme du divin ?
Victor Hugo : « Je ne puis regarder une feuille d'arbre sans être écrasé par l'univers. Dieu est derrière tout, mais tout cache Dieu. Dieu, c'est la raison ; Dieu, c'est l'amour ; Dieu, c'est l'être ;C'est le devoir de vivre après le droit de naître. A la chose la plus hideuse mêlez une idée religieuse, elle deviendra sainte et pure. Infini et éternel, ce sont là les deux aspects de Dieu. L'homme ne sera adulte que le jour où son cerveau pourra contenir dans sa plénitude et dans sa simplicité la notion divine. Attachez Dieu au gibet, vous avez la croix. Lorsqu’on jette un regard sur la création, une sorte de musique mystérieuse apparaît sous cette géométrie splendide; la nature est une symphonie; tout y est cadence et mesure; et l'on pourrait presque dire que Dieu a fait le monde en vers. Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide qu'on appelle l'univers trésaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s'éveiller le papillon. Car le mot, c'est le Verbe, et le Verbe, c'est Dieu. De quoi demain sera-t-il fait? Dans la question de l'immortalité de l'âme, on voit le pourquoi, on ne voit pas le comment. L'homme aujourd'hui sème la cause, Dieu fait mûrir l'effet. Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur. »
J'ai écrit également ces quelques vers nommés Les Quatre vents de l'esprit - pour les plus malheureux au bagne:
"Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne. Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne Ne sont jamais allés à l'école une fois, Et ne savent pas lire, et signent d'une croix. C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime. L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme. Où rampe la raison, l'honnêteté périt."
Attypique.com: Victor Hugo et les femmes, c’est une histoire compliquée, ardente, passionnée, forcément emprunte de romantisme. Comment aimez-vous ?
Victor Hugo : « Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme. L'amour participe de l'âme même. Il est de même nature qu'elle. Comme elle il est étincelle divine; comme elle il est incorruptible, indivisible, impérissable. C'est un point de feu qui est en nous, qui est immortel et infini, que rien ne peut éteindre. A vingt ans, on est plus amoureux qu'autre chose; à soixante on est plus autre chose qu'amoureux. Aimer quelqu'un, c'est lui donner de l'importance à ses propres yeux, l'aider à croire en lui même. Aimer, c'est savourer, au bras d'un être cher, - La quantité de ciel que Dieu mit dans la chair... J’ajoute qu’a Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. Ce génie particulier de la femme qui comprend l'homme mieux que l'homme ne se comprend. La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l'apparence de la faiblesse. Dans la bouche d'une femme, non n'est que le frère ainé de oui. Je pense des femmes comme Vauban, des citadelles. Toutes sont faites pour êtres prises. Toute la question est dans le nombre des jours du siège. Une jolie femme est un casus belli ; une jolie femme est un flagrant délit. En amour, tel mot, dit tout bas, est un mystérieux baiser de l'âme à l'âme. L'amour, panique de la raison, se communique par le frisson. Je lègue au pays, non ma cendre, - Mais mon bifteck, morceau de roi. - Femmes, si vous mangez de moi, - Vous verrez comme je suis tendre... »
Attypique.com: Finalement, au regard de votre œuvre, c’est toujours l’humain et ses secrets qui constituent l’axe essentiel de votre philosophie. Comment l’homme peut-il s’élever voire se dépasser ?
Victor Hugo : « La grandeur se compose de deux éléments qui sont l'essence même du génie: deviner et oser. Se donner à ce qui sera malgré la résistance de ce qui est. L'instinct, c'est l'âme à quatre pattes; la pensée c'est l'esprit debout. Dans les temps anciens, il y avait des ânes que la rencontre d'un ange faisait parler. De nos jours, il y a des hommes que la rencontre d'un génie fait braire. Dans tout fanfaron il y a un fuyard. De quelque mot profond tout homme est le disciple. Depuis l'origine des choses jusqu'au quinzième siècle de l'ère chrétienne inclusivement, l'architecture est le grand-livre de l'humanité, l'expression principale de l'homme à ses divers états de développement, soit comme force, soit comme intelligence. Deux choses font la fleur: la graine et le rayon de soleil. Deux choses font le grand homme: le génie et l'occasion. Dieu a fait un noeud que l'homme cherche à dénouer avec deux mains: la philosophie et la Science. Donc, je marche vivant dans mon rêve étoilé! Elevez-vous. Elargissez votre horizon. Quittez l'argile, la fange, le ventre, l'intérêt, l'appétit, la passion, l'égoïsme, la pesanteur. Allez à la lumière. Devenez une grande âme. Passez du géocentrique à l'héliocentrique. »
Attypique.com: Et les enfants ? Que vous inspirent-ils ?
Victor Hugo : "Aie des mioches, torche-les, mouche-les, couche-les, barbouille-les et débarbouille-les ; que tout cela grouille autour de toi ; s’ils rient, c’est bien ; s’ils gueulent, c’est mieux ; crier, c’est vivre ; regarde-les téter à six mois, ramper à un an, marcher à deux ans, grandir à quinze ans, aimer à vingt ans. Qui a ces joies a tout." (4).
Last Interview de Victor Hugo : sources et notes de lecture complémentaires : Attypique.com (avec 2 T):
Dans son testament, Victor Hugo a écrit : “ Je donne 50 000 francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. ” En ce 31 mai 1885, ses dernières volontés sont respectées.
Correspondances, œuvres complètes, manuscrits:
Correspondance familiale et écrits intimes, 1- 1802-1828 et 2 - 1828-1839, préface de Jean Gaudon, Jean Gaudon, Sheila Gaudon et Bernard Leuilliot [dir.], R. Laffont, " Bouquins ", 1985, (982 p.) et 1991 (XXXIX – 1002 p.)
Correspondance Victor Hugo-Pierre-Jules Hetzel (1852-1853). Publication de “ Napoléon-le-Petit ” et des “Châtiments ” , texte établi, présenté et annoté par Sheila Gaudon, Klincksieck, " Bibliothèque du XIXe siècle ", 1979, (542 p.)
Lettres à Juliette Drouet. Correspondance 1833-1883 suivi de Le Livre de l’anniversaire, J. Gaudon [éd.] et Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo. Correspondance 1833-1882, E. Blewer [éd.], Fayard, 2001 [coffret de deux volumes. rééd. revue et augmentée de Har/po, 1985].
Lettres. Victor Hugo, Victor Schoelcher, textes établis, présentés et annotés par Jean et Sheila Gaudon, Flohic Éditions, 1998, (272 p., ill.)
Correspondance croisée. Victor Hugo - Charles Nodier, textes établis, présentés et annotés par Jacques-Rémi Dahan, préface de Raymond Setbon, Bassac, Plein Chant, " L'Atelier furtif ", 1987, (198 p.)
Œuvres complètes. Roman I. Han d'Islande, Bug Jargal, Le Dernier Jour d'un condamné, Notre-Dame de Paris, Claude Gueux, présentation, notices et notes de Jacques Seebacher, Laffont, "Bouquins", 1985, (VII-970 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Roman II. Les Misérables,présentation, notices et notes de Guy et Annette Rosa, Laffont, "Bouquins", 1985, (XV-1270 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Roman III. L'Archipel de la Manche, Les Travailleurs de la mer, L'Homme qui rit, Quatrevingt-Treize,présentation, notices et notes de Yves Gohin, Bernard Leuilliot, Jean Gaudon, Laffont, "Bouquins", 1985, (V-1135 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Poésie I. Premières Publications, Odes et Ballades, Les Orientales, Les Feuilles d'automne, Les Chants du crépuscule, Les Voix intérieures, Les Rayons et les Ombres,présentation, notices et notes de Claude Gély, Bernard Leuilliot, Gabrielle Chamarat, Nicole Savy, Jean-Pierre Raynaud, Laffont, "Bouquins", 1985, (VII-1118 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Poésie II. Châtiments, Les Contemplations, La Légende des siècles - première série, Les Chansons des rues et des bois, La Voix de Guernesey,présentation, notices et notes de Jean Gaudon, Sheila Gaudon, Laffont, "Bouquins", 1985, (V-1112 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Poésie III. L'Année terrible, La Légende des siècles - nouvelle série, La Légende des siècles - dernière série, L'Art d'être grand-père, Le Pape, La Pitié suprême, Religions et religion, L'Ane, Les Quatre Vents de l'esprity,présentation, notices et notes de Jean Delabroy, Claude Millet, Yves Gohin, Jean-Claude Fizaine, Danièle Gasiglia-Laster, Laffont, "Bouquins", 1985, (IV-1524 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Poésie IV. La Fin de Satan, Toute la lyre, Dieu, Les Années funestes, Dernière gerbe, Océan vers [texte établi par R. Journet], Le Verso de la page [texte établi par Pierre Albouy], présentation, notices et notes de Bernard Leuilliot, René Journet, Evelyn Blewer, Pierre Laforgue, Laffont, "Bouquins", 1985, (XIII-1192 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Théâtre I. Cromwell, Amy Robsart, Hernani, Marion de Lorme, Le Roi s'amuse, Lucrèce Borgia, Marie Tudor, Angelo tyran de Padoue, La Esmeralda,présentation, notices et notes de Anne Ubersfeld, Arnaud Laster, Laffont, "Bouquins", 1985, (XVII-1477 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Théâtre II. Ruy Blas, Les Burgraves, Théâtre en liberté, Les Jumeaux, Mille francs de récompense, L'Intervention, présentation, notices et notes de Anne Ubersfeld, Anne Maurel, Jean-Claude Fizaine, Arnaud Laster, Laffont, "Bouquins", 1985, (XIV-997 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Critique. La Préface de Cromwell, Littérature et philosophie mêlées, William Shakespeare, Proses philosophiques des années 60-65,présentation, notices et notes de Jean-Pierre Reynaud, Anne Ubersfeld, A.R.W. James, Bernard Leuilliot, Yves Gohin, Laffont, "Bouquins", 1985, (XIII-761 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Politique. Paris, Mes Fils, Actes et Paroles I, II, III et IV, Testament littéraire, Préface à l'édition "ne varietur",présentation, notices et notes par Jean-Claude Fizaine, Yves Gohin, Bernard Leuilliot, Josette Acher, Marie-Christine Bellosta, Laffont, "Bouquins", 1985, (1178 p.)
Œuvres complètes. Histoire. Napoléon le Petit, Histoire d'un crime, Choses vues[texte établi par Jean-Claude Nabet, Caroline Raineri, Guy Rosa, Carine Trévisan], présentation, notices et notes de Sheila Gaudon, Jean-Claude Fizaine, J.-C. Nabet, C. Raineri, G. Rosa, C. Trévisan, Laffont, "Bouquins", 1987, (XIII, 1540 p.) [rééd. 2002])
Œuvres complètes. Voyages. Le Rhin, En marge du Rhin [texte établi par Evelyn Blewer], Fragment d'un voyage aux Alpes, France et Belgique, Alpes et Pyrénées [texte établi par Claude Gély et Corinne Chuat], Voyages et excursions ; Carnets de la guerre et de la Commune - Pièces complémentaires à Choses vues,[texte établi par Guy Rosa, Jean-Claude Nabet, Caroline Raineri, Carine Trévisan] ; J. Drouet, Journal du voyage de 1843 [texte établi par Corinne Chuat] ; Charles Hugo, Victor Hugo en Zélande, présentation, notices et notes de Claude Gély, Evelyn Blewer, Corinne Chat, Jacques Seebacher, Laffont, "Bouquins", 1987, (XVI-1313 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Océan. Océan prose ; Philosophie prose ; Faits et croyances ; Moi, l'amour, la femme ; Philosophie vers ; Plans et projets,présentation, établissement du texte, notices et notes de René Journet, Laffont, "Bouquins", 1989, (XI-566 p.) [rééd. 2002]
Œuvres complètes. Chantiers. Reliquat de Notre-Dame de Paris, Suite de Châtiments, La Fin de Satan (fragments), Dieu (fragments), Le Dossier des Misérables, Autour des Chansons des rues et des bois, Fragments critiques, Fragments dramatiques,présentation, établissement du texte, notices et notes de René Journet, Jacques Seebacher, Evelyn Blewer, A.R.W. James, Yves Gohin, Arnaud Laster, Laffont, "Bouquins", 1990, (XIV-1138 p.) [rééd. 2002]
Œuvres poétiques. I : Avant l'exil, 1802-1851, édition critique établie et annotée par Pierre Albouy, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1964, (in-16 de LXXXIV-1651 p.) [rééd. 1976, 1984, 1986, 1992]
Œuvres poétiques II. Les Châtiments, Les Contemplations, édition critique établie et annotée par Pierre Albouy, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1967. [rééd. 1978, 1984, 1986, 1992]
Œuvres poétiques III. Les Chansons des rues et des bois, L’Année terrible, L’Art d’être grand-père , édition critique établie et annotée par Pierre Albouy, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1974. [rééd. 1984]
Œuvres. Poésies. 1 : Odes et ballades. Les Orientales. Les Feuilles d'automne. Les Chants du crépuscule. Les Voix intérieures. Les Rayons et les ombres. Le Retour de l'Empereur. Châtiments. Les Contemplations, préface de Jean Gaulmier, présentation et notes de Bernard Leuilliot, Le Seuil, " L'Intégrale ", 1972, (797 p., ill.)
Œuvres. Poésies. 2 : La Légende des siècles. Les Chansons des rues et des bois. L'Année terrible. L'Art d'être grand-père. Le Pape. La Pitié suprême. Religions et religion. L'Âne. Les Quatre Vents de l'esprit, présentation et notes de Bernard Leuilliot, Le Seuil, " L'Intégrale ", 1972, (867 p., ill.)
Œuvres. Poésies. 3 : Posthumes. Poèmes de jeunesse. Nouveaux Châtiments. Les Années funestes. La Fin de Satan. Dieu. Toute la lyre. Dernière gerbe, Océan , présentation et notes de Bernard Leuilliot, Le Seuil, “L'Intégrale”, 1972, (813 p., ill.)
Œuvres.Romans, Le Seuil, " L'Intégrale ", 1963, (3 vol. in-8 de 427, 571 et 559 p., ill.)
Œuvres complètes , édition chronologique publiée sous la direction de Jean Massin, Le Club Français du Livre, 1967-1970, (18 vol. dont 2 de Dessins et lavis) [en bibliothèque]
Contributions aux études sur Victor Hugo, 1, 2, 3, 4 [édition et analyse de textes inédits des manuscrits déposés à la BNF, par R. Journet et G. Robert], Les Belles Lettres, " Annales littéraires de l’Université de Besançon ", 1979, 1979, 1980, 1981. [en bibliothèque, une douzaine d’autres publications des mêmes auteurs, en particulier : description du Manuscrit des Misérables, 1963 ; éditions savantes du Journal de ce que j’apprends chaque jour, de La Fin de Satan...]
éditions courantes Alpes, de la Haute-Savoie à la Suisse, croquis de l'auteur, postface de Bertrand Meyer [recueil de textes extraits de Voyage aux Alpes et du Rhin], Ed. Entente, " Impressions de voyage ", 1983, (120 p., ill.)
L'Âne , édition critique par Pierre Albouy, Flammarion, " Cahiers Victor Hugo ", 1966, (352 p.)
L'Année terrible , édition présentée, établie et annotée par Yves Gohin, avec des extraits d'Actes et paroles- 1870-1871-1872, Gallimard, " Poésie/Gallimard ", 1985, (320 p.)
L'Art d'être grand-père , Mille et une nuits, 1996, (183 p.)
L'Art d'être grand-père , Gallimard, " Poésie/Gallimard ", 2002, (266 p.), [rééd. de 1974 ; préface de M. Butor]
L'Art et la science [extrait de William Shakespeare], Arles, Actes Sud, 1985, (34 p.)
Les Burgraves, Flammarion, “G.-F.”, 1985, (192 p.)
Ce que c’est que l’exil [et extraits d’autres textes d’Actes et Paroles – Pendant l’exil], La Rochelle, Rumeur des âges, " Passage à la parole ", 1998, (67 p.)
Les Chansons des rues et des bois, édition présentée, établie et annotée par Jean Gaudon, Gallimard, " Poésie ", 1982, (441 p.)
Les Chants du crépuscule. Les Voix intérieures. Les Rayons et les ombres ; édition présentée, établie et annotée par Pierre Albouy, Gallimard, " Poésie-Gallimard ", 1983, (448 p.)
Les Châtiments, chronologie, présentation, notes, dossier, bibliographie par J.-M. Hovasse, G.-F Flammarion, 1998, (476 p.)
Les Châtiments , Gabrielle Chamarat [éd.], Pocket, 1998, (474-XXIX p.) [contient le " Projet de Constitution "par Émile de Girardin]
Les Châtiments , édition présentée, établie et annotée par René Journet, Gallimard, " Poésie/Gallimard ", 1977, (413 p.) [rééd. 1998]
Châtiments, edited by P. J. Yarrow, London, The Athlone Press, " Athlone French poets ", 1975, (VIII-312 p.)
Les Châtiments , introduction et commentaires de Jean-Marie Gleize et Guy Rosa, Le Livre de poche, " Le Livre de poche classique ", 1973, (466 p.) [rééd. 1998]
Choses vues, t. I : 1830-1846. t. II : 1847-1848. t. III : 1849-1869. t. IV : 1870-1885 , texte de H. Juin, Gallimard, "Folio ", 1972, (puis 2 vol. 1997)
Claude Gueux, présentation et notes d’Emmanuel Buron, Librairie générale française, " Le Livre de poche ", " Les Classiques d'aujourd'hui ", 1995, (96 p.)
Claude Gueux, avec une postface de Jérôme Vérain, Mille et une nuits, " Mille et une nuits ", 1993, (61 p., ill.)
Les Contemplations , présentation, notes, dossier, chronologie, bibliographie par Ludmila Charles-Wurtz, Le Livre de Poche, "Classiques de Poche", 2002, (608 p.)
Les Contemplations , introduction, notes, bibliographie et chronologie par Pierre Laforgue, Flammarion, " G.-F ", 1995, (473 p.) [rééd. 2000]
Les Contemplations , préface et commentaires de Gabrielle Malandain-Chamarat, Presses Pocket, " Lire et voir les classiques ", 1990, (645 p., 16 pl.)
Cromwell , chronologie et introduction par Anne Ubersfeld, Flammarion, " G.-F ", 1968, (500 p.)
Le Dernier Jour d’un condamné , Édition J'ai lu, " Librio ", 1995, 97 p. [rééd. 2001]
Le Dernier jour d'un condamné, postface de Jacques Le Mérinel, Le Seuil, " L'École des lettres ", 1992, (239 p.)
Le Dernier jour d'un condamné . Claude Gueux. L'Affaire Tapner, préface de Robert Badinter, commentaires et notes de Guy Rosa, Librairie générale française, " Le Livre de poche classique ", 1989, (320 p.)
Le Dernier jour d'un condamné , précédé de Bug-Jargal, préface, notices et notes de Roger Borderie, Gallimard, " Folio ", 1977, (434 p.) [rééd. 1988 puis, en “ Folio classique ” et sans Bug Jargal, 2000]
Dieu. 1- Le Seuil du gouffre; 2- L'Océan d'en haut , édition critique par R. Journet et G. Robert, Librairie A. G. Nizet, 1960-1961, (2 gr. in-8 de 264 et 350 p.)
Dieu (Fragments) , édition critique par R. Journet et G. Robert, Flammarion , “Cahiers Victor Hugo”, 1969, 3 vol. (304, 304 et 264 p.)
Epîtres, édition critique par Françoise Lambert, Flammarion, " Cahiers Victor Hugo ", 1966, (in-8 de 144 p.)
Poésies. Vol. I: Les Feuilles d'automne. Les Chants du crépuscule, illustrations de Michel Ciry, Imprimerie Nationale, " Lettres françaises ", 1984
La Fin de Satan , Acton Vale (Québec), Editions transatlantiques, 2002, (211p.)
La Fin de Satan , préface de Jean Gaudon, texte établi par Evelyn Blewer et J. Gaudon, notice et notes d'E. Blewer, Gallimard, " Poésies-Gallimard ", 1984, (320 p.)
Fragments d'un voyage aux Alpes, suivi de quatre poèmes connexes, édition présentée et annotée par Jacques Seebacher, Séquences, 2002, (64 p.)
Guerre aux démolisseurs !, Montpellier, L'Archange Minotaure, 2002, (50 p.)
Han d'Islande , édition présentée, établie et annotée par Bernard Leuilliot, Gallimard, " Folio ", 1981, (576 p.)
Hernani , introduction, notes, dossier, chronologie et bibliographie par Claude Eterstein, Flammarion, " G.-F ", 1996, (222 p.)
Hernani , édition présentée, établie et annotée par Yves Gohin, Gallimard, " Folio-Théâtre ", 1995, (245 p.)
Hernani, drame, 1830 , préface d'Antoine Vitez, Librairie générale française, " Le Livre de poche ", 1987, (224 p., ill.)
Hernani, Le Roi s’amuse, Amy Robsart, Marion de Lorme, Garnier-Flammarion, 1979 (364 p.)
L'Homme qui rit, édition préfacée, annotée et commentée par Myriam Roman, avec la collaboration de Delphine Gleizes, Le Livre de Poche, "Classiques de Poche", 2002, (864 p.).
L'Homme qui rit, édition établie et annotée par Roger Borderie, introduction de Pierre Albouy [celle de l'édition du Club français du livre,1970], Gallimard, " Folio Classique ", 2002, (848 p.).
L'Homme qui rit , Garnier-Flammarion, " G-F ", 1981, (2 vol. de 448 et 416 p.)
La Légende des siècles – Première série – Histoire, Les petites épopées, Le Livre de Poche, "Classiques de Poche", 2000, (576 p.).
La Légende des siècles [texte de la refonte de 1883], préface de Claude Roy [extraits de La Main heureuse, 1968], édition par Arnaud Laster, Gallimard, " Poésie ", 2002.
La Légende des siècles , chronologie et introduction par Léon Cellier, Flammarion, " Garnier-Flammarion Texte intégral ", 1967, (2 vol. in-16 de 509 et 447 p.) [rééd. 1994, 2000]
La Légende des siècles, fragments, édition critique par Françoise Lambert, Flammarion, “Cahiers Victor Hugo”, 1970, (376 p.).
La Légende des siècles. La Fin de Satan. Dieu, texte établi et annoté par Jacques Truchet, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1950, (in-16 de XVIII-1325 p.) [rééed. 1981].
Littérature et philosophie mêlées, édition critique par A.R.W. James ; t.1 : Note liminaire, chronologie, étude, texte et variantes, notes et documents - t. 2 : Texte et variantes, notes et documents, correspondance, bibliographies, tables, Klincksieck, " Bibliothèque du XIXe siècle ", 1976, (2 vol. de CIII-423 et 577 p.)
Lucrèce Borgia, Librio, 2002, (90 p.)
Le Livre de Lucrèce Borgia, drame de Victor Hugo. Commentaires de Antoine Vitez, Yannis Kokkos, Eloi Recoing, Arles, Actes Sud, Chaillot, Théâtre national, 1985, (201 p., ill.) [rééd. 2001]
Marie Tudor, drame en trois journées, préface par Charles Joris, Raphaël Aubert, Gilles Lambert-Frasne, Saint-Imier (Suisse), Canevas, " Répertoire au Théâtre populaire roman ", 1994, (191 p., ill.)
Marie Tudor, drame en trois journées, Comédie-Française, " Collection du répertoire ", 1982, (171 p.)
Mangeront-ils ? , Editions de la traverse à Nice, 2002, (32 p.)
Mangeront-ils ? édition critique par René Journet et Guy Robert, Flammarion, " Cahiers Victor Hugo ", 1970, (270 p.)
Mille francs de récompense , C. Chelebourg [éd.], La Chasse au snark à Jaignes, 2002.
Mille francs de récompense , L’Avant-scène théâtre, 2000.
Les Misérables , préface et commentaires par Arnaud Laster, Pocket, " Pocket classiques ", 1993, (3 vol. de 615, 620 et 451 p.) [rééd. 1999]
Les Misérables, préface et notes de G. Rosa, commentaires de N. Savy, Librairie générale française, " Le Livre de poche ", 1985, 3 vol.). [rééd. 1998, 2 vol.]
Les Misérables , texte présenté et annoté par Yves Gohin, Gallimard, " Folio ", 1973, (3 vol. de 605, 606 et 594 p.) [rééd. 1995, 1999]
Les Misérables, chronologie et introduction par René Journet, Garnier-Flammarion, " G-F Texte intégral ", 1966, (3 vol. in-16 de 512, 511 et 511 p.)
Les Misérables , édition établie et annotée par Maurice Allem, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1951, (in-16 de XXIV-1782 p.) [réimpressions 1960, 1976, 1979, 1983]
Un carnet des " Misérables ", octobre-décembre 1860. Notes et brouillons présentés et annotés par Jean-Bertrand Barrère, Minard, “Paralogue”, 1965, (283 p.)
Notre-Dame de Paris , introduction, notes et chronologies par Jacques Seebacher, Librairie générale française, " Le Livre de poche ", 1999, (733 p., ill.)
Notre-Dame de Paris. 1482 , préface et commentaires de Gabrielle Malandain, Presses-Pocket, " Lire et voir les classiques ", 1989, (654 p., ill. en noir et en coul.) [rééd. 1998]
Notre-Dame de Paris. Les Travailleurs de la mer, texte établi, présenté et annoté pour Notre-Dame de Paris par Jacques Seebacher et pour Les Travailleur de la mer par Yves Gohin, Gallimard, " Bibliothèque de la Pléiade ", 1984, (XI-1747 p.) [rééd. 1988, 1992]
Notre-Dame de Paris, préface de Louis Chevallier, édition établie et annotée par S. de Sacy, Gallimard, "Folio", 1974 [rééd. 2002]
Notre-Dame de Paris. 1482 , chronologie et préface par Léon Cellier, Garnier-Flammarion, " G.-F Texte intégral ", 1967, (in-16 de 512 p.) [rééd. 1999]
Odes et ballades. Les Orientales, Garnier-Flammarion, " G.-F." , 1985, (237 p.) [rééd. 1995]
Les Orientales. Les Feuilles d'automne, présentation, notes et dossier par Franck Laurent, Le Livre de poche, " Classiques de Poche", 2000, (447 p., ill.)
Les Orientales. Les Feuilles d'automne, édition présentée, établie et annotée par Pierre Albouy, Gallimard, "Collection Poésie", 1981, (384 p.)
Paris, préface de Dominique Fernandez, Bartillat, 2002, (119 p.)
La Préface de Cromwell, introduction et notes de Maurice Souriau, édition de 1897 reproduite par Slatkine, 1973, (350 p .)
Le Promontoire du songe , introduction et notes de M. Crouzet, Les Belles Lettres, " Le Corps éloquent ", 1993, (LXXI-123 p.)
Les Pyrénées, présenté par Danièle Lamarque, postface de Danièle Lamarque et Emmanuel Fraisse, La Découverte, 1984, (224 p.)
Quatrevingt-Treize, présentation, notes, dossier, bibliographie par J. Wulf, Flammarion, " GF Flammarion ", 2002 , (471 p.).
Quatrevingt-Treize, introduction et notes par Bernard Leuilliot, Le Livre de Poche, "Classiques de Poche", 2001, (576 p.).
.Quatrevingt-Treize; préface et commentaires de Gérard Gengembre, Presses Pocket, " Lire et voir les classiques ", 1992, (606 p., 16 p. de pl. en noir et en coul.) [rééd. 1998]
Quatrevingt-Treize, présentation, notes et annexes de Y. Gohin, Gallimard, " Folio " , 1979, (533 p.) [rééd.2001]
Quatrevingt-Treize , chronologie et préface par Jacques Body, Flammarion, " Garnier-Flammarion Texte intégral " , 1965, (in-16 de 384 p.)
Le Rhin, lettres à un ami , édition critique, Imprimerie Nationale, 1985, 2 vol. (449 + 454 p., 14 illustr. originales de Victor Hugo, 52 reproductions en noir des dessins des Carnets de voyage)
Le Rhin, préface de Michel Le Bris, Strasbourg, Nuée bleue, 2002, (430 p.) [réimpression de Strasbourg, Bueb et Reumaux, 1980]
Ruy Blas, préface de Jean Vilar, commentaire et notes de Guy Rosa, LGF, " Le Livre de poche classique ", 1987, (250 p.)
Ruy Blas, Comédie-Française, 1980, (220 p.)
Ruy Blas, Lucrèce Borgia, Marie Tudor, Angelo tyran de Padoue, Flammarion, " G.-F ", 1979, (324 p.)
Torquemada , notes et préface de J.-B. Goureau, Table ronde, " La Petite vermillon ", 1996, (212 p.)
Les Travailleurs de la mer , édition préfacée, annotée et commentée par David Charles, Le Livre de Poche, "Classiques de Poche", 2002, (674 p.)
Les Travailleurs de la mer, édition présentée, établie et annotée par Yves Gohin, Gallimard, " Folio ", 1980, (640 p.)
Les Travailleurs de la mer , introduction et notes par Marc Eigeldinger, Garnier-Flammarion, " Texte intégral ", 1980, (637 p.)
Voyages en Suisse , introduction de Pierre-Olivier Walzer, Lausanne, L'Âge d'homme, " Poche-Suisse ", 1983, (156 p., ill.)
William Shakespeare , introduction de Bernard Leuilliot, Flammarion, " Nouvelle Bibliothèque Romantique ", 1973, (576 p.)
éditions pour la jeunesse et l’éducation Châtiments , édition de J.M. Bigeard, Nathan, "Les Intégrales de lettres", 1998, (288 p.)
Les Châtiments , édition présentée, annotée et commentée par Laurence Bougault, Larousse-Bordas, " Petits classiques Larousse" , 1998, (255 p.)
Les Châtiments , texte intégral, notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Chantal De Biasi, Hachette, “ Classiques Hachette ”, 1998, (384 p.) [un second volume est le Dossier du professeur]
Les Châtiments , poèmes majeurs, commentaires, Ellipses, " Retour au texte ", 1998, (111 p., ill.)
Les Châtiments , lecture accompagnée par Florence Naugrette, Gallimard, " La Bibliothèque Gallimard ", 1998, (518 p., ill.)
Les Châtiments, extraits , Bordas, " Univers des lettres Bordas. Extraits commentés ", 1985, (192 p.)
Claude Gueux , édition de F. Delain, Flammarion, " GF - Etonnants classiques ", 2002, (96 p.)
Claude Gueux , présentation, notes, questions et après-texte établis par Michel Dobransky, Magnard, " Classiques & contemporains ", 2000, (96 p.) [rééd. 2001]
Les Contemplations, tome 1, poèmes choisis, Paris (2 rue de la Solidarité, 75019), Biotop, impr. Epoque, 93 Bagnolet, " Les Trois-demi ", 1997, (80 p.)
Le Dernier Jour d’un condamné, Larousse, 2002
Le Dernier Jour d’un condamné, édition de A.-M. Baron, Hatier, " Classiques et Cie ", 2002 (152 p.)
Le Dernier Jour d’un condamné, Maxi-Livres, 2001.
Le Dernier Jour d’un condamné, Hachette Jeunesse, 2001.
Le Dernier Jour d'un condamné , lecture accompagnée par Alain Trouvé, Gallimard, " La Bibliothèque Gallimard ", 2000, (278 p.)
Le Dernier jour d'un condamné, notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Marie-Ève Thérenty, Hachette, " Classiques Hachette ", 1998, (2 vol. de 175 et 47 p., ill.) [le 2° volume est le Dossier du professeur]
Le Dernier jour d'un condamné, présentation, notes, dossier-lecture et dossier-jeu par Catherine Cazaban, ill. de Joëlle Jolivet, Flammarion, " G.-F Étonnants classiques ", 1998, (160 p.)
Hernani, théâtre, texte de l'édition de 1830, notes explicatives, questionnaires, documents et parcours philosophique établis par François Dolléans, Hachette, " Classiques Hachette ", 1996, (2 vol. de 287 et 47 p., ill.)
L'Homme qui rit, illustré par Daniel Vigne, Gallimard, " Collection 1000 soleils or ", 1978, (616 p., ill.) [reproduction en fac-similé de l'édition de Paris, Librairie illustrée, vers 1875 ; rééd. 1987]
L' Intervention, postface d'A. laster, cahier de mise en scène de R. Orthmann, Gallimard-Jeunesse, " Folio Junior Théâtre ", 2002, (130 p.
La Légende des siècles, morceaux choisis, Librio, 2000.
Les Misérables , adaptation de L. Lefort, illustrations de G. Dubois, Nathan Jeunesse, 2002, (64 p.)
Les Misérables , choix et présentations d'extraits par Laurence Champeymond-Decobert, Hatier, " Œuvres et thèmes ", 2002, vol. 1 : parties I et II du roman, (191 p.)
Les Misérables , M. Morize [éd.], Hachette Éducation, collection " Bibliocollège " , 2001.
Les Misérables : roman épique et historique, (extraits), édition présentée, annotée et commentée par Caroline Hervé-Montel, Larousse, " Petit Classiques Larousse ", 2000, (447 p.)
Les Misérables , présentation, notes, chronologie, dossier-lecture et dossier-jeu par Sandrine Costa, Flammarion, " G.-F Étonants classiques ", 1999, (2 vol. de 223-220 p.)
Les Misérables, anthologie , Seuil Jeunesse, 1998.
Les Misérables , abrégé par Marie-Hélène Sabard, ill. de Alphonse Neuville, Adrien Marie et Théodore Lix, L'École des loisirs, " Classiques abrégés " , 1996, (318 p., ill. en coul.)
Les Misérables, [texte abrégé], ill. Jean-Claude Götting, dossier par Solange de Fréminville et Anne-Laure Brisac, Hachette jeunesse, "Le Livre de poche. Jeunesse. Gai savoir", 1996, (3 vol. de 287-254-255 p., ill.) [rééd. 2002]
Les Misérables : roman, extraits, notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Monique Bouchard-Lespigal et Brigitte Réauté, Hachette, " Classique Hachette ", 1995, 2 vol. (vol 1 : Texte, 351 p., vol. 2 : Dossier du professeur, 95 p.)
Les Misérables. 1 – Fantine ; 2 – Cosette ; 3 – Gavroche, raconté par Pierre de Beaumont, Hachette, " Lecture facile. Grandes œuvres ", 1995, (3 vol. de 79, 79 et 94 p., ill.)
Les Misérables, extraits , préparés par Christian Rousseau, Nathan, " Les grands classiques Nathan. Roman ", 1993, (76 p., ill,)
Notre-Dame de Paris, illustrations de Jean-Michel Payet, Hachette Jeunesse, 2002.
Notre-Dame de Paris, dessins de Brion, Hachette jeunesse, 1996, (472 p., ill.)
Notre-Dame de Paris , adaptation de Marie-Françoise Perat, ill. de Marcel Laverdet, Chevron (Belgique), [Pantin], Éditions Hemma, “Livre club jeunesse”, 1996, (156 p., 4 pl. et ill. en coul.)
Notre-Dame de Paris , adaptation de Jean Portail, Nathan, "Bibliothèque des grands classiques", 1999, (181 p., ill.) [repris de "Bibliothèque Rouge et Or", 1995, réédition 2002]
Notre-Dame de Paris , L'École des loisirs, " Classiques abrégés ", 1985, (335 p.)
Notre-Dame de Paris , illustrée par G. Brion, H. Scott, Foulquier, Victor Hugo, Raffet, D. Vierge, E. Morin, Meyron, Viollet-le-Duc, Thérond, E. de Beaumont, L. Boulanger, Daubigny, T. Johannot, de Lemud, Meissonnier, C. Roqueplan, de Rudder, Steinheil, Gallimard, " 1000 soleils or ", 1978, (622 p.) [Reproduction en fac-similé réduit de l'édition Hugues 1876-1877]
Quatrevingt-Treize , illustrations de Bayard, Brion, Bodmer et alii, Gallimard, " 1 000 soleils d'or ", 1993, (438 p., ill.)
Quatrevingt-Treize, extraits , notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Monique Bouchard-Lespingal et Brigitte Réauté, Hachette Éducation, " Classiques Hachette ", 1993, (286 p., ill. + dossier du professeur : 95 p.)
Quatrevingt-Treize , avec une notice bibliographique, une notice historique et littéraire, des notes explicatives..., Larousse, " Classique Larousse ", 1987, (221 p.)
Quatrevingt-Treize , version abrégée par Bernard Noël. Ill. de H. Scott, Daniel Vierge, Edmond Morin, Gilbert et al. - L'École des loisirs, " Les Classiques abrégés Renard poche ", 1980, (118 p.) [rééd. 1984]
Ruy Blas , édition présentée, annotée et commentée par Sylvie Dauvin et Claude Eterstein, Larousse, " Petits classiques Larousse ", 1999, (271 p.)
Ruy Blas, édité par E. Charbonnier, Pocket, 1999, (283 p.)
Ruy Blas , Nathan, " Les Intégrales de Lettres ", 1997, (264 p.)
Ruy Blas , édition présentée, annotée par Jean Jordy, Bertrand-Lacoste, " Parcours de lecture-Série Œuvres intégrales ", 1996, (125 p.).
Ruy Blas , texte intégral, notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Georges Zaragora, Hachette, “Classiques Hachette”, 1996, (271 p. + dossier du professeur : 93 p.)
Ruy Blas , publié sous la direction de Annette Flobert, éd. présentée par Danielle Jouanna, Bordas, " Classiques Bordas ", 1995, (239 p., ill. en noir et en coul.)
Les Travailleurs de la mer , images de l'auteur, Hachette jeunesse, " Le Livre de poche. Jeunesse ", 1998, (350 p., ill.)
Au jardin des plantes, illustrations de Eric Battut, Rue du monde, " Petits géants ", 2002, (24 p., ill.)
À l'heure où je t'écris. Victor Hugo, illustrations par Philippe Dumas, Gallimard, " Folio cadet ", (56 p., ill.)
Chanson pour faire danser en rond les petits enfants et autres poèmes, Gallimard, "Folio cadet", 1992, (56 p., ill. par Philippe Dumas) [rééd. 2002]
Choses du soir, textes de Victor Hugo, dessins par Patrick Couratin, Gallimard, " Enfantimages ", 1979, (24 p.)
Gilliatt ou Les Travailleurs de la mer, Éditions Hemma, " Notre livre club pour la jeunesse ", 1977, (124 p., 4 pl.)
L'Heure de Hugo : choix de poèmes pour les enfants, [anthologie] par Patricia Latour, Temps des cerises à Pantin, 2002.
Mon premier Hugo, M. Piquemal [éd.], Milan Poche Junior, 2001 [anthologie pour les très jeunes].
Les Nains et les géants : 25 poèmes de Victor Hugo, Thierry Lefèvre [éd.], Amélie Jackowski [ill.], Actes Sud, 2002.
Les Plus belles pages de Victor Hugo, choix de textes, notes et clés de l'œuvre par Albine Novarino, Pocket, " Pocket . Classiques ", 2002 (264 p.)
Poèmes de Victor Hugo en bande dessinée, [anthologie de poèmes illustrés], Petit à Petit à Darnetal (96 p.).
Poésies. I. Enfants ; II. De Napoléon I à Napoléon III ; présentation, chronologie, notes et dossier-jeu par Catherine Cabazan, Flammarion, " Étonnants classiques; G.-F. ", 1996, (2 vol. de 99-XV p. et 76-XIX p., ill.)
Poésies, textes choisis , analyse, notes, questions par Annie Le Fustec et Josée Yonnet, Nathan, " Les Grands classiques Nathan. Poésie ", 1995, (60 p.)
Récits et dessins de voyage, La Renaissance du livre, Tournai (Belgique), 2002, (128 p.)
Victor Hugo, la légende du XIXe siècle, [anthologie de 100 poèmes], Gallimard-Education, 2002.
Victor Hugo, une légende du 19e siècle, [anthologie, lecture accompagnée par V. Vivès, texte et dossier], Gallimard, " La Bibliothèque Gallimard ", 2002.
Victor Hugo, un poète, anthologie établie et présentée par Arnaud Laster, Gallimard, " Folio junior ", 2002 [réfection de 1981].
Œuvres complètes, éditions de référence 1880-1892 : Édition Hetzel– Quantin, dite « ne varietur ». Œuvres complètes de Victor Hugo. Édition définitive d'après les manuscrits originaux. – J. Hetzel et Cie ; A. Quantin, 1880-1889. – 48 vol. in-8°. I. Poésie (16 vol.) – II. Philosophie (2 vol.) – III. Histoire (3 vol.) – IV. Voyages (2 vol.) – V. Drame (5 vol.) – VI. Roman (14 vol.) – VII. Actes et paroles (4 vol.) – VIII Œuvres diverses (2 vol.) 1880 : Éditions Rouff.L'Œuvre de Victor Hugo. Édition populaire, 227 volumes in-32°. 1904-1952 : Éditions Ollendorffet Albin Michel, dite « de l'Imprimerie nationale » Œuvres complètes de Victor Hugo – P. Ollendorff ; Albin Michel ; Imprimerie Nationale, 1902-1952. – 45 vol. – Portraits, planches en noir et en couleurs, fig. fac-similés, couvertures imprimées. Éditeurs intellectuels successifs : Paul Meurice (1904-1905), Gustave Simon (1905-1928) et Cécile Daubray (1933-1952). Édition critique, avec pour la première fois la Correspondance de Victor Hugo ainsi que de nombreux textes inédits. 1967-1970 : Édition chronologique Massin, au Club Français du livreŒuvres complètes de Victor Hugo : édition chronologique publiée sous la direction de J. Massin. Club Français du Livre, 1967-1970. – 18 vol. 1985 : Collection « Bouquins » aux éditionsRobert Laffont. Textes proches de l'édition Massin, et revus pour le centenaire de la mort de Hugo. Œuvres complètes de Victor Hugo dirigée par Jacques Seebacher et Guy Rosa ; en collaboration avec le Groupe Inter-universitaire de travail sur Victor Hugo-Paris VII. Robert Laffont– 15 volumes. Richard Lesclide, Propos de table de Victor Hugo, E. Dentu, 1885. Paul Lafargue, La Légende de Victor Hugo, Mille et une nuits,(texte original : La Légende de Victor Hugo de 1817 à 1873), parue dans la Revue socialiste, 1885. Pamphlet virulent, écrit par un ancien communard, et à contre-courant, accusant l'écrivain de n'être qu'un bourgeois opportuniste,(La Légende de Victor Hugosur Wikisource). Juliette Drouet, Mille et une lettres d'amour à Victor Hugo choisies, préfacées et annotées par Paul Souchon, coll. « L'Imaginaire », Gallimard,1951. Henri Guillemin, Victor Hugo par lui-même, Paris, Le Seuil, « Ecrivains de toujours », 1951 Arnaud LasterDanièle Gasiglia-Laster « Sa vie, son œuvre »,1984 . Lire en ligne, Éditions Messidor, 1985. André Maurois, Olympio ou la Vie de Victor Hugo, Hachette, 1985. Frédéric Lenormand, Les Fous de Guernesey ou les amateurs de littérature, Robert-Laffont, 1991, sur l'exil à Saint-Pierre-Port. Alain Decaux, Victor Hugo, Éditions Perrin, 2001.Max Gallo, Victor Hugo T1 : je suis une force qui va - T2 : Je serai celui-là!, XO éditions, 2001. ISBN 9782913366206). Henri Meschonnic, Écrire Hugo (2 tomes), Gallimard, 1977.
· Martin Feller, : Der Dichter in der Politik. Victor Hugo und der deutsch-französische Krieg von 1870/71. Untersuchungen zum französischen Deutschlandbild und zu Hugos Rezeption in Deutschland., Thèse Marburg, 1988.
, Victor Hugo, un révolutionnaire, Fayard, 200. Henri Meschonnic, Hugo, la poésie contre le maintien de l'ordre, Maisonneuve & Larose, 2002.
- Collection TRIBUNS / La documentation française: Victor Hugo, L'universel par Marieke Stein
Attypique-Mag, le Mag des interviews différentes, parce que interviewer, c'est aussi poser d'autres questions parfois dérangeantes souvent avec humour. Même aux Morts que l'on croit connaitre. L’interview d’une vie ne peut être que posthume. Pour découvrir de nouvelles facettes sur une œuvre, mais aussi sur un personnage, ce qu'il pense, ce qu'il ressent, ses idées originales souvent méconnues, ce que seuls les historiens et biographes connaissent, bref un autre éclairage. Une approche originale, des questions atypiques et des interviews posthumes au final très ... contemporaines. C’est le défi que s’est lancé Attypique-Mag.
- discours d'ouverture au Congrès de la paix, à Paris, le 21 août 1849. Il renouvelle ses exhortations dans un discours prononcée à Anvers le 1er août 1852 : - préface au Paris guide publié pour l'Exposition universelle
Attypique Numérique : "Bug" Facebook: fausse piste pour vrai Buzz
Source AP
"Bug" Facebook: fausse piste pour vrai Buzz
Fake, Hoax ? Le faux et le vrai. Quelle leçon tirée du cas Facebook ou une poignée d'internautes agitent le WEB sans preuves et les médias s'enflamment avant de rétablir la vérité ou ce qui s'en rapproche... confirmée par la CNIL le 2 octobre (lire le BONUS en fin de post)
Chaque article ou post que nous écrivons nous ramène à notre histoire en plus de notre métier. Ou est le recul que chaque rédacteur doit mettre dans sa réflexion avant de publier à l'époque du numérique ? Et si le temps de l'info numérique n'était plus celui de la réflexion quand la plume grattait le papier ?
La fascination se traduit, dans la presse, par une surabondance d'engagements sur des pistes pas toujours vérifiées, faute de temps le plus souvent, faute de conscience professionnelle parfois...
Davantage d'information peut aussi signifier davantage de confusion, et même, une démocratie plus fragile quand le quantitafif oublie le qualitatif.
Exemple récent: la parano face à Facebook, vraie ou fausse nous pousse trop souvent au manque d'objectivité. C'est toujours tentant de "tuer" le Père numérique, Big Brother-Facebook. Mais où est la vérité ?
Le dernier emballement médiatique s'engouffre derrière le buzz Facebook. Le 23 septembre 2012, certains internautes affirment, notamment sur Twitter, que d'anciens messages privés Facebook sont en train d'apparaître sur leur Timeline publique. Le site Metro publie le premier cet article. Bug ou hoax ? Après avoir participé à la "rumeur" 20Minutes reconnait sa précipitation et fait marche arrière avec un bon papier de son correspondant aux US.
Oui, Facebook traverse une passe difficile. Moins de deux mois plus tôt , son introduction en bourse a échouée. Le réseau social de plusieurs centaines de millions de membres voit son action chuter à 15 dollars fin septembre. Il en espérait beaucoup plus ( Depuis le début de son entrée en bourse, Facebook a perdu 40 % de sa valeur ) .
Reste le "bug". La presse suit les premières inquiétudes des internautes pendant que Facebook enquête. A 18 h 00 heure françaises, la cote Ouest s'éveille. En Californie, ou se situe le siège de Facebook, les internautes US affirment eux aussi voir apparaitre d'anciens messages privés datant de 2007, 2008 et 2009, directement dans leur Timeline. De son coté, Facebook délivre son point de vue via une déclaration à la BBC :
« Les messages sont de vieux posts du wall qui ont toujours été visibles sur les profils des utilisateurs. Il n'y a pas eu de bug ni violation de la vie privée. » Andrew Bosworth, ingénieur en chef chez Facebook, explique encore que « les internautes ont simplement oublié comment ils utilisaient le wall à l'époque ». Il n'était en effet pas possible de commenter/répondre ou de «liker» un message en 2008!
A l'époque de nombreux utilisateurs discutaient alors dans un "va-et-vient" de mur à mur et ces posts ressemblent, aujourd'hui, à des messages privés, mais à l'époque toujours ils n'étaient pas dans un environnement "sécure". Facebook confirme aussi toujours à la BBC qu'une fuite de messages de la messagerie privée vers la Timeline est impossible: techniquement les deux systèmes sont isolés.
Là est toute la question: le fameux mur surtout en 2008 était publique et peu sécurisé. Ces anciens messages 4 ans plus tard demeurent publiques eux aussi à moins de modifier les paramètres de confidentialité (lire en fin de note nos conseils).
Lors du passage en 2011 à une nouvelle version du mur avec Timeline, les anciens "posts" se sont montrés a nouveau. Ce qui pourrait être repproché a Facebook, c'est de ne pas avoir rendu rétroactives les nouvelles régles de confidentialité rendues disponbles sur Timeline afin de sécuriser les messages de "l'époque".
Il est exact que Facebook n'a jamais montré de grandes préoccupations au sujet de la vie privée de ses membres. N'oublions pas que cette notion est perçue différemment outre atlantique. Reste que le réseau social a dérapé à de multiples reprises et a dû régler à l'amiable plusieurs class actions. A tel point que l'entreprise a été placée –comme Google– sous la surveillance des autorités américaines pour les 20 prochaines années. Les enjeux a venir: reconnaissance faciale, publicité sur les mobiles.... laissent penser que Facebook va voir son image écornée face à la méfiance grandissante de bon nombre de ses membres.
Quoi qu'il en soit, Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, les deux ministres en charge de l'économie numérique au sein du ministère de l'Economie, demandent des éclaircissements.
Dans moins d'une semaine plus personne ne parlera de cette affaire de "fuites" sur Facebook, mais le vrai problème lié à la vérification des informations par des professionnels de l'information voire des cabinets ministériels ne sera toujours pas réglé. A la mi journée (25 septembre 2012) sur i>TELE, la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin a déclaré « Si jamais il y a vraiment la certitude que des messages privés ont été rendus publics, et qu'il y a donc rupture des conditions de confidentialité qu'ils ont signées en ouvrant un compte sur Facebook, je leur conseillerais bien sûr de porter plainte. C'est inadmissible ».