Dan Brown auteur de "inferno": "Downtown" France Inter le 23 mai 2013
Interviewé par les "excellents" Philippe Collin et Xavier Mauduit (18h35 – 18h55)
"J’écris des romans pour montrer les deux aspects d’une même équation"
France inter : 85 millions d’exemplaires avec votre roman « Da Vinci
Code ». « Inferno », votre 6ème roman sort aujourd’hui chez
Lattes. Dan Brown fil d’une musicienne et d’un prof de maths s’intéresse aux
symboles. Votre héros, Robert Lindon est pourchassé. Vous aussi ?
Dan Brown: Oui c’est vrai que ma vie a un peu changé depuis « Da
Vinci code » neamoins je rencontre des conservateurs et des
bibliothécaires et c’est formidable pour moi
Sortie de votre livre a une date symbolique ?
En France le mois est après le jour et devant l’année.
C’est différent aux Etats-Unis. C’est vrai que les dates s’additionnent pour
arriver a 33 le chiffre magique des Franc Maçons. 3.14 c’est aussi un autre
chiffre en rapport avec le cercle et les anneaux de l’enfer. J‘adore les codes.
Il en est ou Robert Lindon dans « Inferno » ?
J’ai beaucoup écrit en me basant sur les Beaux Arts
mais la littérature non donc c’est nouveau pour Moi avec Dante ; Mon héros
se réveille a Florence avec un objet une peinture de Botticelli. Elle comporte
des modifications donc c’est une forme de code et il cherche a sauver le monde
via cette enigme. Pour l’aider, la Divine Comédie de Dante entre en scène.
Dante vous le connaissez depuis quand ?
Dante a influencé notre vision chrétienne de l’enfer.
Dante nous a donné une peinture structurée très claire de l’enfer. A 18 ans, j’ai
rencontré Dante et ça me semblait nouveau comme ouvrage. Je ne l’ai pas oublié.
Florence, Venise, Istanbul pourquoi ces lieux ? Comment
travaillez vous dans les villes que vous mettez en scène ?
Je me rend sur place car le lieu est aussi un
personnage. Pour rédiger mes romans, j’ai exploré certains musées, églises et
autres lieux et j’ai pris des notes : tableaux, tunnels secrets… et j’ai
construit mes romans a partir de ces matériaux de base.
A St Sulpice à Paris des touristes sont venus nombreux
sur ce lieu après la publication du « Da Vinci Code ». Est-ce que des
villes vous demandent de placer leurs noms dans vos romans ?
Je ne sais pas mais on m’invite pour parler de Prague
ou une autre ville. Cela dit je sais que deux visites promotionnelles sont
organisées aujourd’hui même à Florence pour venir voir les endroits que j’évoque
dans «Inferno ».
Votre forme de narration est originale. Comment
construisez-vous votre roman ? Sur les lieux ou après ?
Les deux. Dans certains lieux je me dis je sais ce qui
va se produire ici. En voyant l’emplacement d’un tableau, le plancher de la
salle ou il se trouve par exemple, j’imagine ce qui peut se produire.
Les traducteurs réunis de votre dernier roman ont été
mis pour travailler et rester isolés dans un bunker. Vous avez des gardes du
corps. Vous sentez-vous en en danger ?
Non ma vie n’est pas sans péril mais je ne suis pas en
danger. Je voyage pour aller à la rencontre des fans en me protégeant des fans
trop enthousiastes. Je ne connais pas de menaces de mort me concernant.
Certes mai mettre des traducteurs dans un bunker sans internet
c’est difficile pour eux d’écrire dans ces conditions ?
Ca semble affreux bien qu’il s’agisse d’un métier mais
ca a été nécessaire. Tous vont venir prochainement a une fête à Florence.
Vous écrivez dans votre dernier roman : « Pour
atteindre le paradis il faut avoir connu l’enfer » c’est vrai pour votre
vie ?
Oui un peu. Je me lève tôt et travaille dès 4 h 00 du
matin jusqu'à midi chaque jour c’est
très sérieux mon travail. J’aime bien avoir écrit plus qu’écrire. Je prends mon
travail très au sérieux.
Après 10 ans d’existence de « Da Vinci Code »,
comment expliquez-vous le phénomène autour de ce livre ?
Je l’ai écrit en posant une question simple Que
signifie pour la chrétienté l’idée que Jésus ne serait peut être pas le fils de
dieu ? Ca a posé une grande question. Mais quand j’étais petit c’était
normal de poser des questions comme celles-ci.
On vous reproche d’entretenir la théorie du complot, c’est
vrai ?
C’est vrai qu’on me le dit mais je ne crois pas au extra
terrestres. J’écris des romans pour montrer les deux aspects d’une même
équation et les lecteurs arrivent à leur propre théorie.
En tant de crise morale, vos roamns « symboliques »
se vendent bien. Traversons-nous aujourd’hui une crise morale ?
Oui nous vivons une crise morale notre population a
triplé en quelques dizaines d’années. 200 000 êtres humains chaque jour
naissent. La question est difficile. Nous ne faisons pas attention car c’est
pénible. Est-ce un pêcher d’avoir des œillères ? Le lecteur peut répondre.
Déjà acheter par un studio votre roman « Inferno » publié
aujourd’hui ?
Oui c’est fait. J’aurai un petit rôle je fais confiance
aux acteurs ?
Dans quelle ville partez-vous en vacances prochainement
?
Je ne pars pas.
Entretien Philippe Collin et Xavier Mauduit (Transcription: Jean Philippe Bichard)
La rupture est une des figures de style les plus difficiles à construire. Il faut mener le lecteur par le bout du nez sur une eau calme, trop calme, trop plate pour lui donner la sensation étrangement peu rassurante de stabilité. Quand soudain, la rupture, la cassure, la tragédie assombrit définitivement le récit. La nausée prend le lecteur, un trou dans l’estomac apparaît à ce moment-là pour ne plus le quitter, même à la dernière page.
Confucius ou la recherche de la meilleure version de nous-même. Ca
pourrait être un titre. Le penseur et homme d'état chinois Confucius reste
en effet le personnage atypique par son empreinte, historique par sa notoriété,
qui aura le plus marqué la civilisation chinoise. Considéré comme le premier «
éducateur » de la Chine, son enseignement a donné naissance au confucianisme,
une doctrine politique et sociale qui a été érigée en "religion
d'État" dès la dynastie Han et qui ne fut officiellement bannie qu'au
début du XXe siècle. Né à Zou (陬) près de
Qufu (曲阜) dans l'actuelle
province du Shandong, il est généralement appelé Kǒngzǐ (孔子) ou Kǒng Fūzǐ (孔夫子) par les
Chinois, ce qui signifie « Maître Kong » et qui a été latinisé en
"Confucius" par les Jésuites.
Selon l’historien
Sima Tan (1) et un autre spécialiste de la Chine antique, Sima Qian (2) - l’un
des premiers a avoir tenté de décrire l’histoire de la Chine depuis son origine
- la famille de Confucius descendrai de l’antique dynastie impériale Shang
(vers 1765 – 1066 av J-C) qui régnait sur le royaume de Lu (province de Shan
Dong). Le père de Confucius, lettré pratiquant les arts martiaux y fut
conseiller royal. Sa deuxième concubine, donna naissance à Confucius après que
sa première femme lui ait donné neuf filles. Confucius (chinois : 孔夫子 ; en pinyin Kǒngfūzǐ, Wade-Giles: K'ung-fu-tzu) ou bien
(chinois : 孔子 ; en pinyin
Kǒngzǐ), est né le 28 septembre 551 av. J.-C. à Zou (陬) et mort le 11 mai 479 av. J.-C. à Qufu (曲阜). A la naissance de Confucius, son père avait 70 ans et
mourut trois ans plus tard. Confucius bien que pauvre et sans statut étudia au
sein de la cour les trois cent chapitres des codes rituels et les trois mille
compositions musicales de la dynastie Zhou, une des dernières dynasties royales
de l’Antiquité.
A ce
titre, Confucius est un « maitre » atypique. Il se considère comme un
continuateur des traditions connues. En aucun cas il ne désire créer un nouveau
système de pensée, pas plus une école dédiée à une idéologie, tout juste une
certaine forme de pratique. Une pratique atypique car plus proche du rite que
de l’enseignement traditionnel. Le rite est une approche de l’enseignement qui
place le respect des gestes prescrit comme une exigence absolue. « Il faut faire corps et âme avec la forme
pour que notre humanité se révèle » pense Confucius. Le maitre enseigne donc autant par le geste, par les
postures que par la parole. Rappelons-le : le mot rite est de la même
racine indo-européene que le mot art. Pour Confucius, chaque geste reste la
possibilité d’un poème. Comme le souligne Yu Dan (3) « Nous occidentaux comprenons difficilement
qu’un simple geste, une simple posture puissent constituer l’un des plus hauts
lieux de la pensée ».
Une
certitude : Confucius veut continuer à transmettre à la lettre « ce qui fut et doit continuer à être ».
A ses débuts Maitre de musique à la cour, Confucius a été ministre de la
Justice du royaume de Lu. Sa doctrine héritée de l’expérience de la dynastie
sur le déclin est donc a considérée comme une doctrine intégrant en plus du
sens de la justice et de « la recherche de l’homme authentique » un
volet politique. Le terreau intellectuel du pouvoir on le verra jouera aussi un
rôle considérable dans les orientations de la philosophie confucéenne empreinte
d’ordre, d’harmonie, de modestie, de compassion, d’humanité et de tolérance. L’homme
« honorable » que construit la doctrine confucéenne se nomme junzi
que l’on traduit aussi par « homme noble » ; Dans l’esprit de
Confucius, il ne s’agit pas d’un état ou d’un statut, mais d’une étoile qui
conduit vers perfectionnement continu de soi. L’homme est ainsi placé face à
lui même comme l’artisan face à son chef-d’œuvre.
Devenu lettré érudit, Confucius doit subir
l’exil suite a une guerre civile qui éclate dans son royaume de Lu. Etrange destin atypique de cet homme qui
mourra à 73 ans après être revenu à 68 ans dans son pays. Jamais de son vivant
il n’aura perçu l’extraordinaire portée de son enseignement qui marquera
l’histoire de la Chine pour les deux milles ans après sa mort. Officiellement intronisé par l’empereur Wudi
(141-87 av JC) le mariage entre Confucius et la Chine était politique. Il
démontrait que le fil de la tradition n’était pas rompu alors qu’une nouvelle
dynastie s’installait avec la prise de pouvoir par l’empereur Wudi. Bien que
mis à l’index sous le régime maoïste, Confucius est de nouveau prôné à l’ère de
la mondialisation par des responsables chinois qui remettent au gout du jour
des notions telles que Min ben (« peuple racine ») suggérant que le
peuple est la chose la plus précieuse. Confucius, allié malgré lui d’une démocratisation
« à la chinoise » ? Peut-être.
Un proverbe connu de tous les chinois dit : « La vérité n’est jamais
loin des gens ordinaires ». Les célèbres « Entretiens » (4) de
Confucius ne disent pas autre chose. Pour ce penseur atypique, les vérités
simples et limpides de ce monde peuvent pénétrer le cœur des hommes parce
qu’elles ne procèdent pas de l’endoctrinement mais d’un appel intérieur visant
a éveiller chaque âme.
des journalistes passionnés par les interviews« exigeantes » via
des recherches documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances,
discours, séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les
conservateurs des musées…
Il faut en moyenne deux mois pour réaliser
une « Last Interview » de 15 feuillets
Attypique.com anime des débats et conférences
en partenariat avec des auteurs et éditeurs de Biographies / Histoire
/ Documents / Témoignages / Essais
Attypique.com extrait de la
collection « Last Interview »:
Attypique.com : Confucius, qu’entendez-vous par humanité ?
Confucius: « Aimer
les hommes ».
Attypique.com : Vous vous présentez,
Confucius, comme un sage, comme l’incarnation d’un homme empreint de valeur de
sagesse et pas comme philosophe. Pour vous, la force des actes prime toujours
sur la force des mots. Cela dit,quels mots avez-vous transmis à vos 3000 élèves?
Confucius: « En
préambule je vous dirai que je ne peux rien pour qui ne
se pose pas de questions. Les questions passent aussi par les mots. Qui ne
connaît la valeur des mots ne saurait connaître les hommes. Lorsque les mots
perdent leur sens, les gens perdent leur liberté. Cela dit, nous savons qu’une
image vaut mille mots. Mais il faut se souvenir aussi que chercher à plaire aux
hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de
plénitude humaine. »
Attypique.com : Et sur les valeurs propres à la sagesse, quel
message essentiel suggérez-vous ?
Confucius:
« La sagesse c’est connaitre les hommes. Pour
appliquer les principes liés à la sagesse il ne faut pas trop d'isolement ; pas
trop de relations ; le juste milieu, voilà ce qu’est la sagesse. Vous
remarquerez que le sage est calme et serein, l'homme de peu est toujours
accablé de soucis. Le sage a honte de ses défauts, mais n'a pas honte de s'en
corriger. Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas;
il s'afflige de ne pas connaître les hommes. Une dernière remarque : le
sage se demande à lui-même la cause de ses fautes, l'insensé le demande aux
autres. »
Attypique.com : A la lumière de votre enseignement, on
constate que la motivation l’emporte sur l’action. Les junzi sont selon Vous, la
conscience d’une société en indiquant les idéaux à poursuivre. Comment
définissez-vous un junzi ou homme honorable ?
Confucius: « L’homme
honorable – junzi – comprend ce qui est moral. L’homme de peu comprend ce qui
est profitable. La voie de l’homme honorable – que je ne peux quant à moi
réaliser- est triple : la plénitude humaine sans obsession ; la
connaissance sans scepticisme ; le courage sans peur. »
Attypique.com : Confucius, si vous deviez dresser un portrait
de junzi…
Confucius: « Un junzi n’a pas toujours de domicile fixe
mais un cœur fixe. Sa vie intérieure importe
plus que sa vie pratique. L’homme honorable est maitre de lui-même et n’a pas
de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de
parti. L’homme honorable cultive l’harmonie et non le conformisme. Il
aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. Le junzi s’applique a
être lent dans ses discours et diligent dans ses actions. Un homme honorable
commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. »
Attypique.com : Selon votre enseignement et la culture
chinoise, l’humanité est égale aux cieux et à la terre, et tous trois
constituent ce que les Chinois appellent les « Trois Augustes », trois
éléments de grandeur et d’importances égales dont l’univers est constitué. Confucius,
quels conseils essentiels proposez-vous afin que l’humanité, au centre de vos
préoccupations, devienne meilleure ?
Confucius: « La
nature fait les hommes semblables, la vie les rend différents. Quand vous voyez
un homme sage, pensez à l'égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu
de sagesse, examinez-vous vous-même. Agissez envers les autres comme vous
aimeriez qu'ils agissent envers vous. Quand vous instruisez les gens, vous en
obtenez cent. Pour l’éducation, apprendre sans réfléchir est vain sachez-le.
Réfléchir sans apprendre est également dangereux. Mieux vaut étudier que jeûner
tout un jour et veiller toute une nuit pour méditer en vain. Négligez et vous
perdrez. Cherchez et vous trouverez. Mais chercher ne conduit à trouver que si
nous cherchons ce qui est en nous. Il faut travailler. C’est une évidence pour
moi : celui qui aime à apprendre est bien près du savoir. »
Attypique.com : Pour parvenir à ces équilibres, Confucius,
quelle voie doivent suivre les hommes sensibles à vos conseils de
sagesse ?
Confucius: « Une
évidence d’abord : celui qui ne progresse pas chaque
jour, recule chaque jour. Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à
l'égaler. Quand vous rencontrez un homme dénué de vertu, examinez vos propres
manquements. Dépasser les limites n'est pas un moindre défaut que de rester en
deçà. L'homme de bien est droit et juste, mais non raide et inflexible ; il sait
se plier mais sait aussi ne pas se courber. Souvenez-vous : l'archer a un
point commun avec l'homme de bien : quand sa flèche n'atteint pas le centre de
la cible, il en cherche la cause en lui-même. Nous savons que l'expérience est
une lanterne attachée dans notre dos, qui n'éclaire que le chemin parcouru. Plutôt
que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »
Attypique.com : On l’a vu, vous ne vous présentez pas comme
un philosophe, davantage comme un « passeur », un maitre qui partage
son savoir et ses rites. En termes de voie individuelle, qu’enseigne votre doctrine
au niveau de la connaissance personnelle tirée de vos propres expériences?
Confucius: « L'expérience
est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte. La nature rapproche, le
rite distingue. A mes disciples, je dis ne
vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous
de ne pas connaître les hommes. Tentez de mieux vous connaitre. Ainsi, lorsque l'on se cogne la tête contre un pot et
que cela sonne creux, ça n'est pas forcément le pot qui est vide ! Ne te
crois point si important que les autres te paraissent insignifiants. La vie de
l'homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard. Agis
avec gentillesse, mais n'attends pas de la reconnaissance. Et n’oublie
pas : la vraie faute est celle qu'on ne corrige pas. »
Attypique.com : Ce qui est frappant pour un occidental, c’est
de constater que vous tirez de chaque expérience de la vie courante des vérités
et des principes utiles à Tous. Très concrètement, au quotidien, pour l’homme
qui désire suivre en pratique votre savoir, que peut apporter l’enseignement de
Confucius au plus grand nombre ?
Confucius:
« Tout d’abord, il est indispensable d’avoir
assez d'empire sur soi-même pour juger des autres par comparaison avec nous, et
agir envers eux, comme nous voudrions que l'on agît envers nous-mêmes, c'est ce
qu'on peut appeler la doctrine de l'humanité; il n'y a rien au-delà. Qui
comprend le nouveau en réchauffant l'ancien peut devenir un maître. D’une
manière très concrète comme vous me le demandez, je vous dirai que quand un
homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Nulle
pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son
expérience sans épreuve. Pour y parvenir, souvenons-nous que celui qui déplace
la montagne, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres. En matière
de savoir, concrètement, ce qu'on sait, savoir qu'on le sait ; ce qu'on ne sait
pas, savoir qu'on ne le sait pas : c'est savoir véritablement. Un homme est
souvent un père : rappelle-toi que ton fils n'est pas ton fils, mais le
fils de son temps. »
Attypique.com : En cas d’échec ou d’épreuves particulièrement
difficiles a surmonter, que préconise votre doctrine basée sur la loyauté et la
tolérance ?
Confucius: « Notre
plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque
fois que nous tombons. On peut enlever de force à une armée de trois légions
son général en chef ; il est impossible d’arracher de force son libre
arbitre au moindre particulier. »
Attypique.com : Votre doctrine Confucius s’étend aux domaines
du gouvernement des hommes, l’art de la politique. Quelle position
préconisez-vous d’adopter aux responsables qui vous consultent
régulièrement ?
Confucius: « Souvenons-nous
de deux principes essentiels pour le gouvernement des hommes : qui
ne se préoccupe pas de l'avenir lointain, se condamne aux soucis immédiats et sans
langage commun les affaires ne peuvent être conclues. Sous un bon gouvernement,
la pauvreté est une honte; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi
une honte. Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de
faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce
qui est passé. Le prince ne doit pas craindre de n'avoir pas une population
nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens. Je vais vous
livrer une idée qui je considère comme utile autant qu’originale: si tu veux juger
des mœurs d'un peuple, écoute sa musique. »
Attypique.com : Quelles conditions
faut-il réunir pour qu’un pays vive en paix avec un gouvernement stable ?
Confucius: « J’en
distingue trois : des armes en suffisance, assez de vivres et la confiance
du peuple. La plus importante des trois, c’est la confiance, car si le peuple
n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’est fini pour le gouvernement. »
Attypique.com : Sur la mort, des gens
peuvent s’immoler en suivant votre « doctrine confucéenne ». Comment votre
enseignement traite réellement ce sujet ?
Confucius: « Quand
on ne sait pas ce qu'est la vie, comment pourrait-on savoir ce qu'est la mort ?
Quand l'oiseau est près de mourir, son chant devient triste ; quand l'homme est
près de mourir, ses paroles portent l'empreinte de la vertu. Tuer un homme pour
sauver le monde, ce n'est pas agir pour le bien du monde. S'immoler soi-même
pour le bien du monde, voilà qui est bien agir. J’ajoute que rien n'est jamais
sans conséquence, en conséquence, rien n'est jamais gratuit. »
Attypique.com : Votre doctrine Confucius s’étend à de
nombreux domaines touchant à la tolérance, à l’harmonie,
la modestie, la compassion, l’humanité et l’amitié. Que vous
suggère le mot amitié en termes d’enseignement ?
Confucius: « Un
conseil : ne choisis tes amis que parmi tes égaux. Trois
sortes d'amis sont utiles, trois sortes d'amis sont néfastes. Les utiles : un
ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes : un ami faux, un ami
mou, un ami bavard. Pour échanger avec ses amis : avertis tes amis avec
franchise et conseille-les avec douceur. S’ils n’approuvent pas tes avis,
arrête, plutôt que de risquer un affront. Rappelons qu’en amitié comme
ailleurs, le tout est plus grand que la somme des parties. »
3 Yu Dan : Yu Dan « Le
bonheur selon Confucius » (Pocket)
4 « Les entretiens » de
Confucius Notes rédigées par ses disciples (3000 dont 72 sages exceptionnels)
BONUS:
Le confucianisme, une pensée universelle
La propagation de la pensée confucéenne a été plus ancienne à l'est qu'à l'ouest et y a laissé une empreinte plus profonde. Ses idées pénétrèrent en Corée et au Vietnam voici plus de deux mille ans, à l'époque des Qin et des Han. En 285 de l'ère chrétienne, elles filtrèrent de la Corée au Japon. Du Vietnam, elles gagnèrent plusieurs pays de l'Asie du Sud-Est et du Sud. Dans ces pays où elles se sont imposées depuis des siècles, elles ont imprimé leur marque sur les coutumes et les traditions. Aussi le confucianisme y constitue-t-il, comme en Chine, le pilier de la culture et des traditions nationales. Nombre de chercheurs postulent l'existence depuis l'Antiquité d'une «aire culturelle confucianiste» dont la Chine est le noyau, et dont la Corée, le Vietnam et le Japon sont les principaux membres. Le confucianisme est devenu, avec le bouddhisme, le christianisme et l'islam, l'un des quatre grands systèmes culturels de la planète. Dès sa propagation, la pensée de Confucius influença profondément le développement de la politique, de l'économie, de la culture, et plus encore, de l'éducation et de l'éthique dans les pays de la région, notamment en Corée, au Japon et au Vietnam. Avant que ses idées n'y pénètrent, ces trois pays se trouvaient soit à la charnière de la société primitive et de la société esclavagiste, soit en train de passer de cette dernière à la société féodale. Ils n'avaient ni écriture, ni littérature, ni à plus forte raison d'écoles. Après l'introduction des classiques confucéens, ils adoptèrent les idéogrammes chinois, élaborèrent des livres dans cette écriture et se dotèrent à l'instar de la Chine d'écoles ou l'on enseignait la doctrine du Maître. On peut donc dire que c'est la propagation du confucianisme qui fut l'origine directe de la mise en place de leur enseignement scolaire. La formation des lettrés comme le recrutement des fonctionnaires, tout fut confucianisé. Pour ce qui est de la formation, l'enseignement scolaire de ces trois pays, à l'échelon central comme à l'échelon local, dans les écoles publiques comme dans les écoles privées, dans l'enseignement supérieur comme dans l'enseignement élémentaire, dans ses objectifs, ses contenus, dans la sélection et la promotion des enseignants, l'évaluation des étudiants et leur affectation, est remarquable se caractérisa par sa fidélité au confucianisme. L'image de Confucius fit l'objet d'un culte dans toutes les écoles et à tous les niveaux. Le Japon vénérait en lui «le premier des sages et le premier des maîtres», le Vietnam «le Sage qui fut le maître des dix mille souverains». Il était considéré comme un modèle pour les générations successives et l'incarnation la plus accomplie de la vertu, devant qui professeurs, élèves, et même l'ensemble de la société, devaient se prosterner. Le confucianisme imprégnait également l'éducation familiale et sociale, celle des femmes et celles des petits enfants, celle dispensée à la Cour impériale et celle des étudiants partis à l'étranger.
La lettre du libraire, partenaire de attypique.com recommande cette semaine: "GB 84" un roman extraordinaire sur la grève des mineurs face à Margaret Thatcher en 1984.
des
journalistes passionnés par les interviews« exigeantes » via des recherches
documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances, discours,
séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les
conservateurs des musées…
Il
faut en moyenne deux mois pour réaliser
une «
Last Interview » de 15 feuillets
Attypique.com
anime des débats et conférences
en
partenariat avec des auteurs et éditeurs de Biographies / Histoire /
Documents / Témoignages / Essais
Attypique.com extrait de la
collection « Last Interview »:
Texte atypique par
excellence, a lire à tous les ages, les Petit Prince stimule l’imaginaire de
millions de lecteurs dans le monde. Avec une première publication le 6 avril 1943,
les successeurs de son auteur, Saint Exupéry fête ses 70 ans cette année. La fête
débute avec une expo dans les futurs locaux du Musée des Lettres et Manuscrits malheureusement
non ouverte au public (toutes les autorisations administratives ne sont pas
encore accordées) qui retrace les grandes étapes et de la vie de Saint Exupéry.
Des objets personnels rarement montrés comme sa gourmette retrouvée en rade de
Marseille ou un petit film tourné quelques heures avant sa disparition.
ATTYPIQUE.COM (AVEC 2 T) "LAST INTERVIEWS"
DU PASSE POUR COMPRENDRE LE PRESENT
Conception
et réalisation éditoriale
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documentaires: bio, interviews de biographes, correspondances, discours,
séminaires, vidéos, visite de lieux « privés », rencontre avec les
conservateurs des musées…
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Last Interview » de 15 feuillets
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Documents / Témoignages / Essais
Attypique.com extrait de la
collection « Last Interview »:
Le
plus intéressant, c’est sans doute la facette Saint Exupéry dessinateur, humaniste
auteur d’un livre magique a la fois conte pour enfant et livre philosophique
pour leurs parents. Un héritage humaniste qui se traduit par la volonté de la
fondation voulue par ses héritiers d’entreprendre des actions symboliques mais efficaces comme
demander à un imprimeur spécialisé de reproduire certains dessins de Saint Exupery
pour les non voyants. La plupart de ces œuvres représentent le Petit Prince.
Anecdote
révélatrice, le Petit Prince se montre bien enrobé au début comme son auteur avant
d’évoluer vers une silhouette plus affinée. « Le Petit prince est double, c’est
à la fois Saint Exupery et son héros affirme Olivier Dagay (cf BONUS après
cette note) neveu et filleul de l’auteur aviateur. Il le dessinait depuis dix
ans avant la publication du livre ». Le Petit Prince, enfant éternel incarne le
héros du conte de Saint exupéry qu’un éditeur américain avait demandé au pilote
présent aux Etats-Unis durant la seconde
guerre mondiale. Un héros positif selon les héritiers qui « transmet des
valeurs de paix, d’amitié, de générosité », bref un héritage humaniste. Ce
texte universel sert de base pour l’apprentissage d’une langue. "Le Petit
Prince" est présent aussi en classe de 6e dans les programmes de
l'Education nationale. "Il véhicule aussi des valeurs très actuelles telles que l'écologie au sens large de l'intégration de l'homme sur terre tout en respectant la nature, quels messages doivent retenir les hommes ? Le Petit Prince livré a clé par excellence livre des réponses très contemporaines" affirme Jean-Pierre Gueno, Directeur de la Culture, MLM Musée des Lettres et Manuscrits (4)
Un
enjeu intéressant : que peut dire le Petit Prince aux enfants du 21eme
siècle ? Quelles valeurs retenir et surtout comment les transmettre ? Une
série TV, un film en 4 D, un album chez Gallimard assorti d’une
nouvelle édition de la biographie de Antoine de Saint Exupéry par Virgil Tanase,
une expo au Musée des Lettres et manuscrits..
S’ajoute aux festivités, une conférence à New York à la Morgan Library
qui détient les manuscrits originaux du Petit Prince (2).
Le
Petit Prince en 2013 représente aussi un « business » qui tourne bien
même si les droits d’auteurs vont tomber l’an prochain. Plus de 400
produits dérivés sous licence sont déclinés partout dans le monde, produits
"qui respectent le droit du travail à travers le monde" Il ne manquerait plus que le Petit Prince
fasse travailler des enfants chinois ! Mais ce n’est pas le cas soutient
le site officiel (1)
Souvenons-nous davantage que le Petit Prince représente depuis 70 ans un phénomène dans l'édition. "Le Petit Prince" a été traduit en plus de 270 langues et dialectes, du quechua au tamoul, le latin et l'araméen. Le Petit Prince c’est aussi 1 300 éditions et 145 millions de copies vendues. En France, 400.000 exemplaires se vendent chaque année, toutes éditions confondues. Folio Junior (Gallimard) est la collection la plus populaire. Pres de 12 millions d'exemplaires ont été achetés en France depuis sa parution.
Jean Philippe Bichard
Attypique.com Livres: extrait des choix de
l'auteur :
Attypique Interview Live : François d’Augay, neveu et filleul de Saint
Exupéry
Le Petit Prince a-t-il été
commandé à son auteur ?
1942. Saint-Exupéry dîne
avec son éditeur américain Eugene Reynal. Comme à son habitude, il dessine sur
la nappe des personnages inventés, dont un petit bonhomme. Séduit par cette
silhouette d’enfant ailé, Reynald lui aurait proposé d’écrire un conte pour
enfants, qu’il publierait à Noël. On raconte aussi que cette proposition serait
venue de la part d’Elisabeth, l’épouse d’Eugene Reynal. Elle espérait offrir
ainsi un remède au désœuvrement d’un auteur qui souffrait de son exil dans un
pays qu’il n’aimait pas, blessé par l’accueil controversé de son dernier livre,
Pilote de guerre, attaqué de toutes parts par ceux qui espéraient
l’enrégimenter et lui en voulaient de ne pas partager leurs idées.
Selon d’autres sources,
depuis sept ans au moins, Saint-Exupéry envisageait d’écrire un conte de fées.
Dont le personnage principal aurait été un enfant…, son frère François,
peut-être, qu’il aimait tant, perdu si jeune et qu’il nommait, à l’époque, dans
leurs jeux, « le roi soleil »… D’ici à en faire un Petit Prince…