Source: Jeeby Punchline (wall 2012)
Attypique Numérique : "Bug" Facebook: fausse piste pour vrai Buzz

Source AP
"Bug" Facebook: fausse piste pour vrai Buzz
Fake, Hoax ? Le faux et le vrai. Quelle leçon tirée du cas Facebook ou une poignée d'internautes agitent le WEB sans preuves et les médias s'enflamment avant de rétablir la vérité ou ce qui s'en rapproche... confirmée par la CNIL le 2 octobre (lire le BONUS en fin de post)
Chaque article ou post que nous écrivons nous ramène à notre histoire en plus de notre métier. Ou est le recul que chaque rédacteur doit mettre dans sa réflexion avant de publier à l'époque du numérique ? Et si le temps de l'info numérique n'était plus celui de la réflexion quand la plume grattait le papier ?
La fascination se traduit, dans la presse, par une surabondance d'engagements sur des pistes pas toujours vérifiées, faute de temps le plus souvent, faute de conscience professionnelle parfois...
Davantage d'information peut aussi signifier davantage de confusion, et même, une démocratie plus fragile quand le quantitafif oublie le qualitatif.
Exemple récent: la parano face à Facebook, vraie ou fausse nous pousse trop souvent au manque d'objectivité. C'est toujours tentant de "tuer" le Père numérique, Big Brother-Facebook. Mais où est la vérité ?
Le dernier emballement médiatique s'engouffre derrière le buzz Facebook. Le 23 septembre 2012, certains internautes affirment, notamment sur Twitter, que d'anciens messages privés Facebook sont en train d'apparaître sur leur Timeline publique. Le site Metro publie le premier cet article. Bug ou hoax ? Après avoir participé à la "rumeur" 20Minutes reconnait sa précipitation et fait marche arrière avec un bon papier de son correspondant aux US.
Oui, Facebook traverse une passe difficile. Moins de deux mois plus tôt , son introduction en bourse a échouée. Le réseau social de plusieurs centaines de millions de membres voit son action chuter à 15 dollars fin septembre. Il en espérait beaucoup plus ( Depuis le début de son entrée en bourse, Facebook a perdu 40 % de sa valeur ) .
Reste le "bug". La presse suit les premières inquiétudes des internautes pendant que Facebook enquête. A 18 h 00 heure françaises, la cote Ouest s'éveille. En Californie, ou se situe le siège de Facebook, les internautes US affirment eux aussi voir apparaitre d'anciens messages privés datant de 2007, 2008 et 2009, directement dans leur Timeline. De son coté, Facebook délivre son point de vue via une déclaration à la BBC :
« Les messages sont de vieux posts du wall qui ont toujours été visibles sur les profils des utilisateurs. Il n'y a pas eu de bug ni violation de la vie privée. » Andrew Bosworth, ingénieur en chef chez Facebook, explique encore que « les internautes ont simplement oublié comment ils utilisaient le wall à l'époque ». Il n'était en effet pas possible de commenter/répondre ou de «liker» un message en 2008!
A l'époque de nombreux utilisateurs discutaient alors dans un "va-et-vient" de mur à mur et ces posts ressemblent, aujourd'hui, à des messages privés, mais à l'époque toujours ils n'étaient pas dans un environnement "sécure". Facebook confirme aussi toujours à la BBC qu'une fuite de messages de la messagerie privée vers la Timeline est impossible: techniquement les deux systèmes sont isolés.
Là est toute la question: le fameux mur surtout en 2008 était publique et peu sécurisé. Ces anciens messages 4 ans plus tard demeurent publiques eux aussi à moins de modifier les paramètres de confidentialité (lire en fin de note nos conseils).
Lors du passage en 2011 à une nouvelle version du mur avec Timeline, les anciens "posts" se sont montrés a nouveau. Ce qui pourrait être repproché a Facebook, c'est de ne pas avoir rendu rétroactives les nouvelles régles de confidentialité rendues disponbles sur Timeline afin de sécuriser les messages de "l'époque".
Il est exact que Facebook n'a jamais montré de grandes préoccupations au sujet de la vie privée de ses membres. N'oublions pas que cette notion est perçue différemment outre atlantique. Reste que le réseau social a dérapé à de multiples reprises et a dû régler à l'amiable plusieurs class actions. A tel point que l'entreprise a été placée –comme Google– sous la surveillance des autorités américaines pour les 20 prochaines années. Les enjeux a venir: reconnaissance faciale, publicité sur les mobiles.... laissent penser que Facebook va voir son image écornée face à la méfiance grandissante de bon nombre de ses membres.
Quoi qu'il en soit, Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, les deux ministres en charge de l'économie numérique au sein du ministère de l'Economie, demandent des éclaircissements.
Dans moins d'une semaine plus personne ne parlera de cette affaire de "fuites" sur Facebook, mais le vrai problème lié à la vérification des informations par des professionnels de l'information voire des cabinets ministériels ne sera toujours pas réglé. A la mi journée (25 septembre 2012) sur i>TELE, la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin a déclaré « Si jamais il y a vraiment la certitude que des messages privés ont été rendus publics, et qu'il y a donc rupture des conditions de confidentialité qu'ils ont signées en ouvrant un compte sur Facebook, je leur conseillerais bien sûr de porter plainte. C'est inadmissible ».
Jean Philippe Bichard
jpbichard@gmail.com
BONUS:
http://www.cnil.fr/la-cnil/actualite/article/article/les-conclusions-de-la-cnil-sur-le-bug-facebook/
