E-reputation dans ATTYPIQUE.COM, une rubrique de jpbichard@gmail.com / http://on.fb.me/mr8qYo
Une triste leçon a tirer de ces cyber-révolutions, c'est le développement de la e-censure par les Etats. Constat plus joyeux: ca ne leur réussit pas ! La Tunisie et l'Egypte le démontrent. La Libye suit aujourd'hui. En effet, début mars, ce pays a été plongé plusieurs jours dans un noir numérique total, selon le Transparency Report de Google, qui analyse la connection Internet à ses services. les censeurs se sont concentrés pendant cinq mois sur Tripoli (source blog de Renesys). Suite à la progression des rebelles Lundi 22 aout 2011 à midi, le site de Libyan Telecom and Technology, qui connecte la Libye à la Toile, était de nouveau accessible. En bas de page, ce message : « Félicitation à la Libye, qui s'émancipe du tyran. »
On le sairt, restreindre les usages du Net via les réseaux sociaux est un début: Facebook, Twitter et quelques autres en font les frais. Puis bien sûr les réseaux des opérateurs pour rendre difficile voire impossible l'usage des services SMS. Reste le coeur du Net, les serveurs des FAI, opérateurs dédiés au trafic du Net et sous contrôle des Etats.
Le gouvernement égyptien début février 2011, lors du renversement du pouvoir a dû ordonner aux quatre opérateurs nationaux, Link Egypt, Vodafone-Raya, Telecom Egypt et Etisalat Misr, de bloquer l’accès au domain name system (DNS, le système chargé de la gestion des noms de domaine). Le même gouvernenment comme celui de Tunisie d'ailleurs s'en est pris aussi au protocole de routage border gate protocol (BGP). Quelques réseaux minoritaires ont tente de résister. Sont-ils suffisamment indépendants ?
D'ou une première question: quels liens "stratégiques" lient les FAI et autres opérateurs Telco aux Etats ? Bonne question.
Reste aussi dans le cas de l'Internet mobile les zones de couvertures qui ne s'arrête pas toujours aux frontières. Ainsi, en France, en Corse, Télécom Italia "couvre" l'ile de Beauté.
La deuxième question, comment "contourner" ces -e-coupures ou coupures 2.0 ?
Nous tentons d'apporter quelques modestes réponses dans plusieurs articles dispos sur cette page dans cette note et d'autres articles.
Autre interrogation: comment "échapper" au contrôle (écoutes) de certains Etats ? Le chiffrement des smartphones est une solution (lire notre note)
Dernière question: les Etats ont -ils intérêt a réaliser une net-censure si violente ?
Economiquement, une note de l'OCDE sur le cas de l'Egypte est intéressante: "Les services bloqués représentent environ 3 % à 4 % du PIB, soit une perte de 18 millions de dollars (13 millions d'euros) par jour" note cet organisme.
Enfin, pour comprendte le Net et ses censeurs, rappelons nous qu'une coupure à 100% est stupide pour les Etats. Leur économie "nationale" s'inscrit dans une économie globale animée par les échanges sur le Net (Marchés finacires, bourses...). Ils ne peuvent prendre un tel risque longtemps (lire la note de l'OCDE à ce sujet). D'autant que des solutions alternatives existent pour les cyber-rebelles: vielles lignes ADSL bas débit, WiFi, numéro composé à l'étranger....
Botnet contre Etats:
Reste le rôle stratégique joué par les réseaux sociaux véritables moteurs des cyber-révolutions. Un casse tête pour les Etats qui découvrent la puissance et les usages intelligents d'Internet. Le "mulot" s'est vengé des "politiques".
C'est ce qu'explique Julian Assange dans une intreview accordée à LIBERATION (16 avril 2011)
Extrait:
Comment WikiLeaks, les réseaux sociaux et les activistes ont-ils contribué aux récentes révolutions et mouvements de démocratisation au Moyen-Orient ?
Le Moyen-Orient était comme du bois prêt à flamber. Il y avait plusieurs facteurs : la particularité démographique, avec une jeunesse prépondérante. Et aussi la pénétration d’Internet, les mouvements migratoires entre ces Etats, la télé satellite, ou encore le choix éditorial d’Al-Jezira de couvrir et d’enquêter sur ces révoltes… Aujourd’hui, le travail d’Al-Jezira est compromis en Arabie Saoudite et à Bahreïn à cause de ses implications géopolitiques au Qatar. Mais pour la Tunisie et l’Egypte, son travail était excellent. Tout cela n’est pas parti tout seul, il fallait un déclencheur, qui fut la publication par WikiLeaks de câbles diplomatiques sur ces pays. Ils ont été repris par des journaux locaux, en arabe, comme Al-Akbar au Liban, ou par des clones de WikiLeaks, comme TunisiaLeaks, en Tunisie.
TunisiaLeaks a traduit nos câbles en français. Du coup, les versions arabe et française de ces câbles ont été diffusées très rapidement, dès le début du mois de décembre. Ils ne faisaient pas que décrire la corruption du régime de Ben Ali, ils mettaient aussi en évidence son extrême fragilité : clairement, d’après ces câbles, on comprenait que s’il y avait un conflit entre le régime de Ben Ali et l’armée, les Etats-Unis ne le soutiendraient pas nécessairement. Cela a envoyé un signal fort aux activistes en Tunisie, mais aussi à l’armée, aux partisans de Ben Ali et aux régions voisines. De la même manière, le soutien des Occidentaux à Ben Ali a été affaibli par la mise en évidence de cette vision américaine du régime. Il est devenu très difficile pour la France de soutenir Ben Ali dès lors que vous aviez l’ambassadeur américain qui affirmait ce qu’était la situation réellement."
Fin de l'extrait de l'interview / Libération 16 avril 2011 http://www.liberation.fr/medias/01012332032-julian-assange-nous-avons-ete-un-declencheur
Autre aspect: Comment sont utilisés les Botnets, ces réseaux illégaux de machines zombies "squattées" illégalement pour disposer d'une "puissance de tir" stratégique pour attaque d'autres machines ou web. http://www.journaldunet.com/solutions/securite/le-botnet-coreflood-demantele-0411.shtml
Les Etats commencent à réagir comme ce fût le cas aux Etats-Unis en avril 2011:
http://www.scribd.com/doc/52952028/TemporaryRestrainingOrder
En savoir plus:
L'Expansion.fr
http://www.bortzmeyer.org/eteindre-internet.html
L'Informaticien en février 2009
Site de RSF / 2005: http://fr.rsf.org/tunisie-reporters-sans-frontieres-rend-16-11-2005,15611.html
Lire aussi: http://blog.fdn.fr/
Pour comprendre comment les Etats interviennent pour "couper" le Net , deux bons "papiers" d'experts parfois un peu trop "techniques" :
http://www.bortzmeyer.org/egypte-coupure.html
Enfin, quand les smartphones fonctionnent, quelques trucs rigolos qui ne font pas rire certains "dictateurs" pour chiffrer voix et vidéos sur son smartphone Android: http://bit.ly/9PveZW
Auytre remarque beaucoup moins comique: la liste de spays "ennemis" d'Internet, elel date un peu, mais RSF qui la publie a eu une bonne idée en.... 2005:
http://fr.rsf.org/tunisie-reporters-sans-frontieres-rend-16-11-2005,15611.html
Extrait de l'"article de PIerre Cole / ZDnet:
http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/comment-l-egypte-a-pu-etre-deconnectee-d-internet-39757863.htm
Je tiens en effet à porter à votre connaissance les explications très claires données sur son blog par Stéphane Bortzmeyer, architecte systèmes et réseau à l'AFNIC, au sujet des mécanismes techniques qui ont conduit à la coupure de l'Internet en Égypte, aussi brutale que rapide : il a suffi pour cela d'agir sur les couches basses du protocole IP, en affectant les informations de routage les opérateurs égyptiens. Ce sont donc bien les accès IP qui ont été fermés, et pas seulement le web.
Pour autant, s'il est facile pour une dictature d'isoler un pays du reste d'Internet, il serait extrêmement difficile d'éteindre complètement Internet, car comme le dit Stéphane, « l'Internet peut être blessé mais le tuer nécessitera beaucoup d'efforts. ». Je vous invite également à lire sur ce sujet la position éclairée de Jean-Michel Planche, pionnier de l'Internet qui a courageusement accepté de participer en tant qu'expert aux labs d'HADOPI.
Je dirais pour ma part que que l'Internet est à la fois globalement robuste et localement vulnérable, par exemple aux ancres de bateaux, aux coups de pelleteuse et aux incendies ou encore aux problèmes logiciels.
Comme le montre la carte ci-dessous, l'Égypte, et plus largement le continent africain, sont fortement dépendants de quelques grands câbles internationaux qui relient cette zone au reste du monde :
Pour autant, il est toujours possible d'améliorer la résilience de l'Internet, en augmentant le maillage du réseau. Ainsi, dès l'annonce de la coupure égyptienne, des solutions de contournement variées ont été mises en place. Parmi celles-ci, des accès via modem téléphonique ont été ouverts, comme celui créé par l'opérateur associatif français FDN.
Voilà qui rappellera des souvenirs à ceux qui ont découvert l'Internet et le web il y a bientôt 20 ans... Ne jetez pas votre vieux modem qui traîne au fond d'un placard, qui sait s'il ne resservira pas un jour ?
Deuxièmement, si un pays est "coupé" d'Internet via un black-out des autorités comment peuvent procéder les internautes pour se connecter ?
2 solutions si les FAI quand l'Internet officiel est coupé Egypte, Tunisie... : (source L'Informaticien / janvier 2011)
Solution 1 : se connecter au bas débit
"Mais au-delà des frontières, plusieurs FAI voulaient prêter main forte aux victimes de cette révolution et leur donner les moyens de communiquer avec l’étranger et rapporter ce qu’il se passe sur leur territoire. C’est notamment le cas du français FDN ou du suédois Telecomix, qui leur délivraient des identifiants de connexion. Ils ont en effet ouvert au pays l’Internet à bas débit. Seul hic de la solution mise en place par FDN, le coût des communications, qui correspond au prix d’un appel à l’étranger."
Exemple: Par ce biais, n'importe qui en égypte disposant d'une ligne téléphonique analogique capable de joindre la France a la possibilité de se connecter au réseau par le n° suivant : +33 1 72 89 01 50. (login: toto password: toto).
Solution 2 : les satellites
"Mais outre cette possibilité, le site InfoWorld (http://www.infoworld.com/d/security-central/)
fait part d’une autre méthode pour accéder à Internet : les satellites. Plusieurs entreprises offrent ce type de services, telles que Thuraya, Iridium et Inmarsat. Certes, là encore il faudra débourser une certaine somme pour y avoir accès, et cette technologie ne sera réservée qu’aux entreprises et aux classes les plus riches de la population, mais elle reste un moyen de publier des informations, des photos ou encore des vidéos des évènements, ou tout simplement poursuivre son activité commerciale. Il faudra en effet compter 1300 dollars pour se procurer un mobile compatible avec le réseau satellite, comme le rapporte Al-Najjar, patron d’une entreprise informatique en Jordanie.
Notons par ailleurs que la situation se rétablit progressivement. Les services mobiles sont en effet de nouveau accessibles. Pour ce qui est de l’Internet, il faudra certainement attendre encore quelque temps avant que les Egyptiens puissent à nouveau échanger sur la toile et délivrer des informations à l’étranger sur cette situation de crise."
Lire aussi:
http://www.swedishwire.com/politics/8408-assange-trapped-in-cozy-sweden-us-relationship
Source ZDnet: cartes de l'Afrique / Internet
